Par Alain VAN de POEL
Vice-Président du Rotary International 2025-2026
Administrateur Rotary International 2024-2026
Au cours de l’année rotarienne 2025-2026, j’ai eu l’opportunité – et la responsabilité – de conduire un chantier particulièrement important pour l’avenir de notre organisation : le redécoupage des zones du Rotary International.
L’opération de redécoupage doit avoir lieu minimum tous les 8 ans !
À première vue, parler de « redécoupage des zones » peut sembler relever essentiellement de l’organisation interne du Rotary. En réalité, le sujet va beaucoup plus loin. Derrière des frontières géographiques, des chiffres d’effectifs et des mécanismes de représentation se pose une question fondamentale : comment adapter notre organisation à l’évolution du Rotary dans le monde tout en préservant son unité, son équilibre et sa capacité d’action ?
C’est ainsi que le redécoupage peut aussi faire références au respect des différences culturelles, des diversités linguistiques : en bref, à des notions plus subjectives que de simples chiffres.
Pourquoi fallait-il agir ?
Le Rotary évolue. Sa démographie évolue également.
Certaines régions du monde connaissent une croissance importante de leurs effectifs, tandis que d’autres sont confrontées à une stagnation ou à une diminution du nombre de membres. Cette évolution crée progressivement des déséquilibres entre les zones et pose inévitablement la question de la représentativité au sein de notre organisation.
Une démarche fondée sur l’écoute
Dès le début du processus, une conviction m’a accompagné : une réforme de cette importance ne pouvait réussir que si elle était comprise, partagée et construite dans le dialogue de TOUTES les parties concernées.
J’ai également souligné que tous nos échanges, réflexions et propositions devaient être animés par l’esprit rotarien respectueux de nos valeurs et du critère des 4 questions : c’est là que se trouvait notre moteur de réussite.
Il fallait écouter les différentes réalités régionales, analyser les données disponibles, comprendre les conséquences possibles des différentes options et, surtout, dépasser les intérêts particuliers pour rechercher l’intérêt général du Rotary International.
Car déplacer une frontière entre deux zones n’est jamais totalement neutre.
Cela peut modifier des habitudes de collaboration, des relations entre districts, des équilibres régionaux ou encore la manière dont certaines responsabilités sont exercées.
Le défi consistait donc à conjuguer plusieurs exigences : la cohérence géographique, l’évolution des effectifs, la représentativité, l’efficacité organisationnelle et la nécessaire continuité de notre fonctionnement.
Construire progressivement le consensus
Le processus s’est déroulé en plusieurs étapes.
Différents groupes de travail ont été mis en place regroupant d’anciens, d’actuels et de futurs dirigeants (administrateurs) du RI représentant leurs Zones ou parties de Zones.
Ces différents groupes m’ont soumis leurs états d’avancement de travaux ainsi que leurs propositions afin de me permettre de les soumettre à un groupe de travail qui réunissait l’ensemble du monde rotarien et de son leadership.
Ce groupe statuait sur une proposition finale destinée au Conseil d’administration du RI.
Le Conseil d’administration du Rotary International a naturellement joué un rôle central dans cette réflexion finale.
Un élément me paraît particulièrement significatif : les deux votes intermédiaires du Conseil d’administration ont, chaque fois, été adoptés à l’unanimité.
Cette unanimité n’est pas anecdotique.
Sur un sujet qui pouvait légitimement susciter des sensibilités différentes, parvenir à une position unanime constituait un signal particulièrement fort.
Cela démontrait que le redécoupage n’était pas la victoire d’une région sur une autre, ni le résultat d’un rapport de forces. Il était progressivement devenu un projet collectif au service du Rotary International.
Un redécoupage réussi n’est donc pas celui qui ne change rien. C’est celui qui permet à notre organisation de continuer à fonctionner efficacement malgré les changements qui l’entourent.
Un impact à tous les niveaux du Rotary
Les conséquences de cette évolution ne se limitent pas au Conseil d’administration ou aux structures internationales.
Elles concernent, directement ou indirectement, tous les niveaux de notre organisation.
Au niveau international
Le redécoupage contribue à préserver une représentation équilibrée des différentes parties du monde au sein des structures du Rotary International.
Notre diversité géographique est une richesse, mais elle doit pouvoir se traduire dans notre gouvernance et dans notre capacité à entendre les différentes réalités du Rotary à travers le monde.
Au niveau des zones
Certaines zones voient naturellement leur composition évoluer.
Une zone ne doit cependant jamais être considérée comme une frontière. Elle est avant tout un espace de coordination, de coopération et de mise en relation.
Au niveau des districts
Les districts sont directement concernés par les dynamiques régionales qui découleront de cette nouvelle organisation.
Cette évolution peut être extrêmement positive si nous la considérons non comme une contrainte administrative, mais comme une occasion d’élargir nos réseaux et nos perspectives.
Au niveau des clubs
On pourrait penser que le redécoupage des zones est très éloigné de la vie quotidienne d’un club Rotary.
Pourtant, toutes les structures du Rotary International n’ont finalement qu’une seule raison d’être : permettre aux clubs et aux Rotariens d’agir plus efficacement.
Une leçon de gouvernance
Au-delà du résultat lui-même, je retiens personnellement une autre dimension de ce travail.
Cette expérience démontre qu’au Rotary, il est possible de conduire des changements importants lorsque nous acceptons trois principes simples : écouter, expliquer et rechercher le consensus dans le respect de nos valeurs rotariennes.
Le consensus ne signifie pas que chacun obtient exactement ce qu’il souhaitait au départ.
Il signifie que chacun accepte de regarder au-delà de sa propre situation pour rechercher ce qui est préférable pour l’ensemble de l’organisation.
L’unanimité obtenue lors des deux votes intermédiaires du Conseil d’administration constitue, à mes yeux, une illustration particulièrement forte de cet état d’esprit.
Anticiper le Rotary de demain
Redessiner une carte est relativement simple.
Préparer une organisation internationale au monde de demain est beaucoup plus complexe.
Le véritable enjeu du redécoupage des zones est là.
Le Rotary International doit être capable d’évoluer avec son époque, avec sa démographie, avec la croissance de certaines régions du monde et les difficultés rencontrées par d’autres.
Une organisation qui refuse d’adapter ses structures finit inévitablement par voir se créer un écart entre son fonctionnement et la réalité.
Notre responsabilité est précisément d’éviter cet écart.
Le redécoupage des zones réalisé durant l’année 2025-2026 constitue donc une étape. Il ne représente pas une fin en soi.
Il traduit une volonté : faire évoluer nos structures pour qu’elles continuent à servir notre mission.
Concrètement, le redécoupage a fait apparaître une diminution de nos effectifs en Europe et aux USA, un renforcement significatif en Afrique et en Inde qui augure d’un changement encore plus rapide et fort lors du prochain découpage.
Notons que pour la zone 14 France, Andorre, Monaco et Belgique, Luxembourg, il n’y aura pas de changement cette fois-ci de même pour la zone 15 Italie, Malte et San Marin
Le redécoupage final se retrouve en cliquant sur le lien suivant :
https://my.rotary.org/fr/my-rotary/rotary-international-zones
Enfin, au bout du compte, les zones, les districts, les structures régionales et le Conseil d’administration ne sont que des moyens.
L’essentiel reste ailleurs : dans nos clubs, dans l’engagement de nos membres et dans les communautés que nous servons.
Et c’est précisément pour leur permettre de continuer à agir efficacement que notre organisation doit, elle aussi, avoir le courage d’évoluer.



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