Par Serge Gouteyron
Le Rotary, de par ses buts, son histoire, sa culture est légitime à faire valoir une conception de la paix qui lui soit propre.
C’est en 1921 à la Convention du Rotary d’Edimbourg que les « relations internationales et l’établissement de la paix » sont devenus le 4ème but du Rotary.
« Faire progresser l’entente entre les peuples, l’altruisme et le respect de la paix par le biais de relations amicales entre les membres des professions unis par l’idéal de servir. » (dernière rédaction)
Également rappelé dans la mission du Rotary :
Servir autrui, promouvoir l’intégrité, favoriser l’entente internationale, la bonne volonté et la paix au travers de son réseau de décideurs locaux civiques et professionnels.
Entre les 2 guerres, le Rotary s’engagera résolument pour le désarmement, les droits de l’homme et la démocratie.
Il sera à l’origine d’une nouvelle institution internationale à Londres à partir de 1942 l’Unesco « élever dans l’esprit des hommes les défenses de la paix » et participera comme invité à la rédaction de la charte des Nations Unies à San Francisco en 1945 pour -« préserver les générations futures du fléau de la guerre ».
Jusqu’à la fin du siècle dernier, prédominent les notions de « culture de la paix » et de « citoyenneté mondiale » auxquelles le Rotary souscrit.
Le réseau des représentants du Rotary au sein des organisations internationales y fait entendre sa voix et ses propositions. : l’entente mondiale par la compréhension mutuelle.
La première traduction dans les faits de cet esprit, nous la retrouverons dans la création du comité interpays France Allemagne à Strasbourg en 1950 lors de la conférence du district 70 par les rotariens des clubs de Lille et Stuttgart.
Renouer des relations mises à mal après 2 guerres et le régime nazi. Faire avancer l’entente entre les 2 pays par la compréhension réciproque prélude à la dynamique de la construction européenne.
Aujourd’hui, le programme des comités interpays répond toujours à une nécessité – ce que démontre leur développement sur tous les continents.
Par ailleurs, après la chute du mur de Berlin en 1989, les comités interpays participeront directement avec le Rotary à sa renaissance en Europe centrale et orientale. Des moments de liberté et d’espoir très forts, aujourd’hui bien lointains.
Dans le même temps, les programmes jeunesse du Rotary International visent aussi à renforcer la connaissance de l’autre et le dialogue culturel : échanges scolaires mais aussi bourses d’études, Interact, Rotaract et Ryla.
Plus concrètement encore, en 2000, le Rotary crée dans 6 universités de renommée mondiale les Centres pour la paix et la résolution des conflits dans le but de former des ambassadeurs pour la paix avant que ceux-ci n’occupent des fonctions dans les organisations internationales, les gouvernements ou les ONG.
Le plan stratégique du Rotary démarre en 2004 et le plan vision de la Fondation sélectionnera 6 causes prioritaires, celles pour lesquelles se concentrent nos ressources.
consolidation de la paix et résolution des conflits – l’éducation et l’alphabétisation – eau, assainissement, hygiène – développement économique – prévention et traitement des maladies – santé maternelle et infantile – auxquels s’ajoutera la protection de l’environnement.
Sans oublier l’éradication de la poliomyélite, notre combat depuis 1985.
Nous retrouvons avec nos causes prioritaires les premiers objectifs du millénaire des Nations Unies. Le lien Rotary Organisation des Nations Unies subsiste.
De son partenariat avec l’Institut de l’Economie et de la Paix, le Rotary retiendra plus particulièrement une formation de ses membres en matière de recherche de la paix mais surtout que la paix se construit sur 7 piliers fondamentaux :
« une gouvernance efficace – un climat sain pour les affaires – une distribution équitable des ressources – la reconnaissance des droits humains – les bonnes relations entre voisins – la libre circulation de l’information – un niveau élevé du capital humain – un faible niveau de corruption. »
Aujourd’hui, après la culture de la paix et la citoyenneté mondiale émerge la notion de paix positive, celle issue de la réduction des inégalités économiques et intellectuelles, de la cohésion sociale et des institutions qui œuvrent à l’avènement de sociétés pacifiques.
Des générations de rotariens ont travaillé à la construction d’une paix faite de liberté, d’humanisme et de service à autrui. En définissant sa propre conception de la paix, le Rotary confirmera son rôle d’acteur public.


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