LA CULTURE DU ROTARY

Blog de Serge GOUTEYRON

LA CULTURE DU ROTARY - Blog de Serge GOUTEYRON

A propos du vice-président du Rotary International

Par Serge Gouteyron

J’ai eu le privilège de servir le Rotary International comme vice-président en 2005-2006 (la 2ème année de mon mandat d’administrateur).

Le vice-président occupe une place de choix dans l’organigramme du Rotary, en cas de défaillance du  Président, c’est le vice-président qui est appelé à lui succéder (et non le Président élu) : une réplique de la constitution des Etats Unis.

dsc04152

Le poste de vice-président dans l’histoire échoit rarement à un européen (c’est le plus souvent le poste de trésorier). Le dernier vice-président européen était Carlo Ravizza en 1985 comme le dernier vice-président français avant moi était Jacques Giraud (1er vice-président en 1962), avant 1978, il  y  avait 3 vice-présidents : 1  par grande région rotarienne.

Remarquons qu’un vice-président sur 2 à peu près devient président quelques années plus tard.

Suivant l’usage, c’est le Président qui propose au conseil d’administration le nom du vice-président. Dans mon cas, cela s’est passé au lendemain de la convention de Chicago (le président Stenhammar m’avait informé quelques semaines auparavant). Cette proposition sera accueillie par les applaudissements de mes collègues. Je succédai à John Germ (le vice-président de Glenn Estess) qui est l’actuel président du Rotary.

Sinon le vice-président remplit les missions que le Président lui confie. J’ai donc pu à ce titre entrer dans la peau d’un Président à l’invitation des rotariens à Beyrouth,  Lisbonne, Naples, Capri, Moscou, Boston  et autres lieux français.

J’ai reçu, au nom du Rotary International et de son Président, 2 prix pour notre action en faveur de l’éradication de la polio : le 1er  à Chicago remis par l’Eglise Luthérienne et le 2ème à St Domingue remis par l’association internationale Wango (plus connue sous le nom de Moon).

Parmi toutes ses fonctions, le Vice-Président est également membre de droit de la commission exécutive dont l’une des tâches est l’évaluation chaque année du secrétaire général, il est aussi membre de droit de la commission commune Rotary/Fondation au cours de laquelle j’ai eu à protester contre la fermeture du centre pour la paix de Paris (car sans proposition alternative).

Un autre rôle du Vice-Président (important sans doute mais moins visible) se niche dans les relations internes du conseil d’administration. Modérateur,  dans les débats les plus tendus en en particulier lorsque le Président n’est pas en phase avec son conseil (ce qui arrive), confident (sur les sujets sensibles), vigilant lorsqu’il s’agissait pour moi de mettre en valeur la pensée rotarienne.

Dix années sont passées. Que retenir de ces années !

Avons-nous avancé dans le bon sens ? Certes, nous nous sommes efforcés de faire rayonner le Rotary mais l’influence des hommes sur le système est limitée, c’est l’organisation qui a toujours le dernier mot.

Mais ce n’est pas plus mal ainsi, cela évite les dérives

En tout état de cause, une aventure rotarienne et humaine sans pareil !

A propos de l’administrateur du Rotary International

Par Serge Gouteyron

Retour quelques dix années en arrière sur ma fonction d’administrateur : une fonction méconnue.

2005-chicagoIl faut bien comprendre que la tâche principale de l’administrateur est de gérer le Rotary International, les clubs et les districts, les programmes, les finances et les commissions du Rotary …   sur la base de propositions apportées au Conseil  par  le secrétaire général, son staff et le Président. Remarque : les initiatives personnelles des administrateurs  hors de ce cadre sont rares mais aboutissent quelquefois.

J’ai eu la chance que 3 de mes propositions soient devenues des décisions du Conseil d’Administration :

·       Il a reconnu et valorisé l’action des comités interpays avant que le conseil suivant (en 2007) approuve le nouveau code de procédures des comités interpays

·       Une autre décision du conseil d’administration reconnaîtra l’organisation internationale de la francophonie comme une institution internationale dans laquelle de Rotary sera représenté (cela 8 ans avant que le Commonwealth soit lui-même reconnu)

·       Une 3ème décision, avec mon collègue canadien aboutira à la mise en œuvre des groupes d’action rotariens pour soutenir les 6 priorités d’actions du plan stratégique.

Comme souvent dans ce type d’instance, les relations personnelles jouent un grand rôle dans les décisions.

Mais il y eut également des moments difficiles, au moins 2, lorsque le centre d’études internationales pour la paix  à Sciences Po Paris a été fermé (sans proposition alternative) mais également lorsqu’il fallut annuler le choix du comité de nomination du président pour campagne électorale. Décision qui sera confirmée à la convention de Copenhague après une mise en scène qui est restée dans la mémoire des présents.

Sinon des débats quelquefois passionnés sur plusieurs sujets ont débouché sur des décisions : – pour ma part sur le développement du Rotary en Chine, sur la création du 1er district de Russie, sur la mise en oeuvre du plan stratégique…..

Une belle satisfaction aura été d’organiser avec la promotion des gouverneurs 2004-2005, le peut déjeuner francophone à la convention de Chicago. Lieu de rencontre  qui  fera place l’année suivante au cocktail organisé avec le soutien du magazine Le Rotarien qui perdure toujours. Très couru par les dirigeants du Rotary (à Salt Lake City pas moins de 12 administrateurs et 4 past présidents y seront présents).

Autre débat sous tension qui revient périodiquement : la composition des zones, c’est à dire  rééquilibrer les zones en fonction du nombre de rotariens. L’enjeu est le nombre de sièges au Conseil d’administration et dans la commission d’élection du Président et  l’influence qui va avec.

C’est un sujet sensible car les rotariens des Etats Unis vont bientôt  perdre leur leadership originel.

Il nous faut lancer une réflexion sur ce point et sans doute adapter notre gouvernance pour que la place de l’Europe, dans cette confrontation, soit sauvegardée et avec elle sa conception du Rotary.

Le triangle de Weimar

Message de Roland Dumas
Séminaire Ryla du 24 au 28 août 2016 à Varsovie
Organisé par le comité interpays Allemagne Pologne sous les auspices du comité pour la coopération Franco-Germano-Polonaise

Chers jeunes amis

dumasEt voilà :  le Triangle de Weimar a 25 ans. Il est donc  sans doute déjà un peu plus âgé que la plupart des participants de cette audience.

Je constate avec plaisir que vous, les jeunes, n’ont pas attendu les appels et les messages des représentants des gouvernements pour s’impliquer dans des activités qui réunissent les trois pays du Triangle de Weimar. Vous avez parfaitement compris que l’Union européenne vous offrait un extraordinaire cadre de vie dont vous entendez profiter le plus possible.  Vous l’approprient  systématiquement en allant étudier dans les pays européens et en suivant avec avidité les cours sur l ‘histoire de l’Europe et sur l’intégration européenne. Vous écrivez même des mémoires et des thèses de doctorat sur le Triangle de Weimar et en particulier sur l’art et la culture dans nos trois pays.

Je souhaite très fortement que la France, l’Allemagne et la Pologne mais également les principales institutions de l’Union européenne élèvent la culture, l’enseignement,  la recherche et  la formation au rang des priorités car elles seront décisives pour un avenir commun et partagé. Il faut que les étudiants, les chercheurs et les enseignants prennent ces affaires en main, sans craindre de bousculer les hommes politiques afin que l’Europe des universités et de la culture devienne une réalité. Et bravo si le Triangle de Weimar et les pays qui le constituent contribuent à la rendre encore plus vivante. La mission du Triangle de Weimar ne se limite pas à la politique et à la diplomatie.

triangle

Qu’il me soit ainsi permis d’affirmer avec force que le Triangle de Weimar a répondu aux préoccupations qui étaient les nôtres lors de sa fondation il y a 25 ans. Je me réjouis de constater qu’il reste – un quart de siècle plus tard – en place aujourd’hui ; je suis convaincu qu’il jouera un  rôle différent mais aussi important que dans la première période. Je suis pour le maintien, le renforcement et l’amélioration du fonctionnement du Triangle de Weimar ; il a prouvé son utilité depuis les années 1990, nous aurons encore davantage besoin de lui à l’avenir. Après tout,  le Triangle  de Weimar offre de nombreuses opportunités qui n’ont pas encore été mises en valeur de façon systématique.

Ne nous trompons pas. Le Triangle de Weimar est ce qu’il est et il ne peut se substituer à autre chose. Avec son originalité, ses moyens et ses insuffisances. D’autres structures étatiques ou paraétatiques gèrent les affaires publiques avec des moyens financiers considérables. Le Triangle de Weimar est là pour corriger les orientations qui ne sont pas satisfaisantes, suggérer et donner des idées. Après tout, personne n’a le monopole des idées. Je souhaite que le Triangle de Weimar vive de lui-même. Je souhaite que la vision des pères-fondateurs du Triangle de Weimar conçue  il y 25 ans continue d’inspirer la jeunesse européenne pour continuer à leur manière le parcours conduisant à une Europe unifiée devant les nouveaux défis à l’échelle mondiale.

Votre réunion ici à Varsovie est un des plus beaux cadeaux pour le grand anniversaire du Triangle de Weimar et je vous en félicite.

Roland Dumas
Ancien Ministre des Affaires étrangères
Président  honoraire du Conseil  Constitutionnel
Co-Fondateur du Triangle de Weimar

Document transmis par Klaus-Heinrich Standke du club de Berlin
Membre d’honneur du club de Cabourg – ancien sous-directeur général des sciences exactes et naturelles à l’Unesco

Le Rotary de demain

Par Gérard Allonneau
Administrateur du Rotary International 2016/2018

Gérard Allonneau, RI director, 2016-18.

Toutes les grandes organisations qui ont structuré le siècle dernier ont posé le problème de leur avenir : partis politiques, syndicats, églises, clubs-service.

La crise économique et sociale que nous traversons fait parler de déclin mais nous pouvons aussi la considérer comme un moment privilégié pour réagir positivement par le changement et l’innovation.

C’est ce que le Rotary préconisait dès sa création. Demain, le Rotary offrira toujours une aventure collective, passionnante et productive à ses membres car nos pratiques sont déjà en pleine évolution.

LES ROTAY-CLUBS CHANGERONT LEUR MODE DE FONCTIONNEMENT

Les membres que nous cherchons à recruter aujourd’hui  manquent de temps, ont des obligations envers leur famille et manquent de moyens financiers. C’est un constat à prendre vraiment en compte pour demain. Le Rotary International l’a très bien compris en proposant de nouvelles formes de clubs (satellite, innovation, e-club) et de nouveaux statuts de membre (associé, corporate). Tous les Rotary-clubs n’ont plus l’obligation d’être traditionnels.

En conséquence, le règlement intérieur de nos clubs sera adapté aux possibilités des membres. Les cotisations seront ajustées. Le planning des réunions sera revu pour une meilleure efficacité et en privilégiant le temps consacré aux actions. Un club pourra demain offrir en alternance des réunions en personne et en ligne.

Les jeunes Rotariens sont habitués à retrouver leurs amis dans un « nuage ». La communication numérique est aujourd’hui notre principal mode de communication. Le Rotary International a su proposer  toutes les formes de supports modernes à ses membres : My Rotary, Show-case, Rotary-club Central … Le Rotary est présent sur tous les réseaux sociaux.  Les districts, les clubs et les membres sont invités à suivre ce mouvement  Demain cette communication sera encore plus dense avec même des supports que nous ne connaissons pas encore. Le fonctionnement d’un Rotary-club ne peut que s’adapter à cette modernité.

UN  MENTORAT ACTIF SERA PROPOSE AUX NOUVEAUX ROTARIENS

Notre politique traditionnelle d’accueil et d’intégration ne suffit plus. Les nouveaux membres d’un Rotary-club veulent passer à l’action tout de suite, avoir un impact, élargir leurs horizons et leurs réseaux. Les aînés doivent les accompagner dans leurs attentes. La mixité des générations est une force à utiliser.  Le Rotarien d’aujourd’hui doit obligatoirement transmettre ses connaissances aux Rotariens de demain. C’est une évidence mais nous devons organiser concrètement cette transmission.

Le mentorat est une démarche de compagnonnage et d’engagement. Engager les membres, c’est les fidéliser. Les aînés aident les nouveaux à s’intégrer. Ces derniers apprennent aux aînés à changer leur vision du monde. Parler de nouveaux membres dans un Rotary-club de demain, c’est parler de jeunes professionnels, hommes et femmes d’aujourd’hui. Il en va de la conservation de notre identité.

Un Rotary-club est reconnu par ses actions. Elles créent du dynamisme,  apportent de la reconnaissance aux membres et attirent de nouveaux membres.  Un mentorat actif se déroule au cours d’une conduite d’action sur le terrain et non par une formation théorique : mentorat par l’action. Ce sont les résultats concrets d’une action qui vont favoriser l’adhésion, l’appartenance et l’engagement des membres. Les Séminaires de Formation pourraient être envisagés à partir de simulation  de conduite d’action selon le même principe. Par exemple,  lors d’un SFPE, apprendre aux Présidents de club à mener une action phare.

LES JEUNES PROFESSIONNELS SERONT ATTIRES PAR LE ROTARY

L’action Jeunes générations a un rôle fondamental pour le Rotary de demain. Les programmes pour la jeunesse attirent chaque année de très nombreux jeunes qui ont l’occasion de connaître et apprécier le Rotary. Les districts vont aujourd’hui à la rencontre de ces jeunes et leur proposent de rester dans la famille Rotary. Demain, ces bénéficiaires seront Rotariens car nous saurons les écouter.

Le Rotary International a fait des choix positifs en affirmant que le Rotaract est club partenaire du  Rotary et en lançant une campagne pour les jeunes professionnels au Rotary. Les Rotaractiens ont déjà beaucoup à nous apprendre sur le Rotary de demain. Travailler avec eux en menant des actions en commun sera très bénéfique. Nous aiderons ainsi les Rotaractiens à faire le pas vers le Rotary. Ils nous communiqueront non seulement leur enthousiasme à œuvrer pour servir d’abord mais encore leur joie de vivre en groupe.

Une suggestion du Rotary International : organiser un programme de mentorat professionnel de district pour mettre en contact Rotaractiens et Rotariens exerçant la même profession. Ceci peut aussi intéresser les jeunes professionnels rotariens. Nos clubs  multi générationnels offrent un réseau et des possibilités de développement professionnel et personnel. Beaucoup de jeunes sont attirés par notre engagement pour l’Éthique et la Paix. L’avenir du Rotary peut être ainsi assuré.

LE LEADERSHIP AU ROTARY VA CHANGER

Un leader sera reconnu comme tel par les jeunes professionnels que s’il est participatif, créatif, décontracté et convivial. Il devra créer une bonne ambiance de travail et du fun.  Le leader de demain devra écouter et laisser s’exprimer le leadership de chacun. Il laissera place aux opinions divergentes et aux idées nouvelles. Il pratiquera la décentralisation des décisions.

Le plan Vision de notre Fondation a ouvert la voie à des décisions décentralisées en permettant par exemple aux Rotary-clubs d’utiliser des subventions de district pour des projets locaux innovants.

La demande des jeunes d’aujourd’hui est affective et leur besoin d’appartenance à un groupe est très grand. Une organisation, quelle que soit sa finalité, sa taille, son ancienneté, devra demain se considérer comme une « tribu » et offrir une aventure collective à ces jeunes professionnels si elle veut les attirer, les recruter et les fidéliser.  Mais le leadership au Rotary va-t-il vraiment changer ? Pensons au leadership qui animait nos fondateurs autour de Paul Harris.

LE ROTARY MULTIPLIERA LES EVENEMENTS GRAND PUBLIC

Le Rotary organise de plus en plus de grands événements en associant les clubs pour une communication positive et directe avec le grand public.  Ceci nécessite un partenariat des districts ouvert aux grandes organisations à l’image de ce qu’ont fait  le Rotary International et notre Fondation.

Le caractère multi-services de notre organisation ne contribue pas à la clarté de l’image du Rotary. Les nouveaux membres ne seront prêts à s’engager comme bénévoles que si la cause est bien visible. Notre Fondation a donné le ton avec le programme d’éradication de la polio, projet unique au niveau planétaire : « End Polio Now». La promotion de grands événements est une force de communication pour le Rotary d’aujourd’hui et le sera encore plus pour le Rotary de demain.

En France et, plus récemment au Luxembourg et en Belgique,  l’action « Espoir en tête » mobilise Rotary-clubs et  grand public pour assister à une soirée cinéma en partenariat avec le groupe Wald Disney afin de lever des fonds pour fournir des équipements à des centres de recherche sur les maladies du cerveau, grande cause nationale. En Août dernier à Nîmes a été organisé « Cycling to serve », manifestation pour apporter des fonds au programme dont nous venons de parler : « End Polio Now ». D’autres exemples auraient pu illustrer  ce changement de dimension dans les actions. Les grands événements sont des indicateurs très positifs de ce que sera le Rotary de demain.

Demain :

–  LES ROTAY-CLUBS CHANGERONT LEUR MODE DE FONCTIONNEMENT

–  UN  MENTORAT ACTIF SERA PROPOSE AUX NOUVEAUX ROTARIENS

–  LES JEUNES PROFESSIONNELS SERONT ATTIRES PAR LE ROTARY

–  LE LEADERSHIP AU ROTARY VA CHANGER

–  LE ROTARY MULTIPLIERA LES EVENEMENTS GRAND PUBLIC

En France, on dit : « Demain se prépare aujourd’hui ».

3ème rencontre ROTARY/sites UNESCO patrimoine mondial à Carcassonne

Par Serge GOUTEYRON

logo-world-heritage-300x300Très ému par la disparition brutale du fondateur de ces rencontres originales, notre très regretté Maurice.

Je le vois encore heureux, enthousiaste, son appareil photo à la main, soucieux de tous au concert d’orgues à Albi au cours duquel résonnait les tourments d’un lointain passé tandis que le site évoquait pour nous les valeurs de la fraternité universelle.

Les rotariens peuvent être fiers d’avoir initié à Londres en 1942 une conférence internationale en présence de 21 ministres du monde libre, conférence qui devait jeter les bases d’une organisation dédiée à la paix par l’éducation, les sciences et la culture.

Conférence qui décidera de la création de l’UNESCO.

Avec cette superbe pensée de l’acte constitutif de l’UNESCO inscrite au fronton du Palais de Chaillot

« les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix »

Le Rotary non politique et non confessionnel occupe dans la société civile une place particulière par ses vertus humanistes, son éthique et sa contribution à l’avènement d’une société pacifique.

Mais pour répondre aux menaces grandissantes contre la paix, le Rotary doit renforcer son influence dans la société, créer les conditions du dialogue pour rapprocher les identités culturelles et promouvoir la connaissance, facteur essentiel pour la paix.

Car nous rotariens, nous réaffirmons, comme dit à la dernière conférence du Rotary à l’Unesco, « notre engagement pour faire vivre la paix civile à travers la culture du Rotary ;  celle qui induit des comportements loyaux et équitables, le respect des droits humains, le progrès économique et social durable et une gouvernance éthique. Tous éléments qui forgent la cohésion sociale d’un pays préalable à la paix ».

Aussi sous le beau ciel de Carcassonne et du canal après celui de l’Abbaye de Fontenoy, le programme préparé pour cette 3ème rencontre est particulièrement enchanteur, ce qui vous permettra de vivre un moment privilégié du Rotary

Image169

Servir au-delà de son club avec les amicales rotariennes professionnelles et de loisirs

Par Serge GOUTEYRON

Au cœur de la camaraderie entre rotariens qui partagent le même métier ou le même loisir et au cœur du service, les amicales contribuent au rayonnement et au progrès du Rotary dans le monde.

Imageamicale2

35 000 rotariens dans 65 amicales actives peuvent en témoigner.

Comment  leur donner encore plus d’impact !

Pour cela, il est souhaitable que chaque district ait un correspondant porte-voix chargé de faire connaître l’étendue des activités des amicales et le plaisir à y être ensemble.

Et aussi que les rotariens dont la profession n’est pas encore représentée par une amicale prennent l’initiative d’en créer une.

Les amicales typiquement professionnelles sont très importantes puisque nous sommes avec elles au centre de l’identité historique du Rotary et de ses valeurs.

Imageamicales1

Rappelons que 3 pays au moins doivent être représentés et que la création de l‘amicale doit être approuvées par le Conseil d’Administration du Rotary International.

Prolongeons l’esprit de l’échange et de l’action au-delà du club et faisons avancer la compréhension mutuelle avec les amicales rotariennes professionnelles et de loisirs.

Imageamicale3

Serge Gouteyron occupe la fonction de président de la commission des Amicales professionnelles et de loisirs du Rotary International pour 2014-2016.

Le Conseil exécutif des CIP au Conseil de l’Europe

Par Serge GOUTEYRON

Le Conseil exécutif des comités interpays tient son assemblée générale au Conseil de l’Europe à Strasbourg les  6 et 7 mai.

Conseil_Europe_Strasbourg

Le Conseil de l’Europe a été créé en mai 1949 par 10 pays sous l’impulsion de Winston Churchill avec l’objectif de garantir la démocratie, le droit et l’expression des valeurs humaines sur lesquelles se fondent les civilisations alors que les régimes communistes couvraient la moitié du continent.

Aujourd’hui les instances du Conseil de l’Europe jouent un rôle clé en Europe. D’abord pour les droits de l’homme puisque la cour européenne des droits de l’homme siège en son sein.

Imagecons1

Egalement pour la conception et l’évolution de l’Europe par l’intermédiaire du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères aussi bien que par l’assemblée parlementaire et le congrès des pouvoirs locaux et régionaux.

Comme l’Unesco, le Conseil de l’Europe abrite une conférence des ONG qui accueille en permanence des groupes de réflexion sur l’économie solidaire, la pauvreté, la citoyenneté démocratique, l’histoire, la violence, la traite des êtres humains, l’aménagement du territoire, la prévention de la torture, la parité hommes femmes, le racisme, la santé et toutes les questions de la société civile.

Aujourd’hui, le conseil de l’Europe est devenu une plateforme d’échanges entre l’Europe occidentale et l’Europe Centrale et orientale.

Le Conseil de l’Europe, le Rotary et les comités interpays partagent et œuvrent pour le même idéal : l’avènement d’une société pacifique.

Les intervenants de cette session reflètent les préoccupations du moment :

  • Le Conseil de l’Europe, son histoire, ses réalisations, ses projets par Philippe  Boillat, Directeur Général à la Direction générale des Droits de l’Homme et Etat de Droit du Conseil de l’Europe
  • Le rôle du Rotary au Conseil de l’Europe par son représentant, François Goettelmann
  • Le cadre institutionnel de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe  par Yann de Bruyer chef de la Division centrale – secrétariat de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe
  • Le rôle du Rotary et des comités interpays dans la construction de la paix avec le CIP France Allemagne, les CIP en Ukraine et dans les Balkans
  • La paix dans les pays de la Méditerranée et la démarche du Rotary pour la prévention des conflits

Une manifestation qui s’inscrit dans la longue histoire des relations du Rotary et des Institutions Internationales et qui témoigne de la vigueur de la pensée  rotarienne.

Imageun1

Le Rotary et les institutions internationales

Par Cyril NOIRTIN
Représentant du Rotary à l’UNESCO
Trésorier du comité de liaison ONG-UNESCO

Depuis des décennies, le Rotary et l’UNESCO œuvrent en faveur de la paix.

cyrilLes objectifs fondamentaux de la charte des Nations Unies sont de maintenir la paix et la sécurité internationales et de développer entre les nations des relations amicales.

L’Organisation des Nations Unies a été fondée le 24 octobre 1945 par 51 pays. Aujourd’hui, elle compte 193 états membres, soit la quasi-totalité des nations du monde.

Bien que la plupart des gens associent les Nations Unies aux questions de paix et de sécurité, les ressources de l’Organisation sont en fait, dans une proportion écrasante, consacrées au développement économique, au développement social et au développement durable.

En l’an 2000, l’assemblée générale de l’ONU avait fixé 8 objectifs prioritaires à atteindre d’ici 2015. Elle les avait décrits dans la « Déclaration du Millénaire », document approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes institutions mondialungoales de développement. Ces objectifs du Millénaire pour le développement ont galvanisé des efforts sans précédent pour répondre aux besoins des plus pauvres dans le monde. Aujourd’hui, l’ONU travaille avec les gouvernements, la sociéte civile et les différents partenaires pour exploiter cette dynamique et poursuivre un programme ambitieux pour l’après-2015.

On pourra remarquer que ces objectifs sont en total cohérence avec les 6 axes stratégiques de notre organisation.

Il est maintenant bien connu que les rotariens ont pris une part active dans la rédaction de la charte des Nations Unies signée en 1945 à San Francisco. 49 rotariens y ont collaboré dont 5 désignés par le Président du RI à la demande du président des Etats-Unis.

Il faut se souvenir qu’à cette époque, le Rotary International est l’une des organisations les plus “internationales” au monde.

C’est en 1921 à la Convention du Rotary International d’Edimbourg qu’a été adopté le 4ème but du Rotary « l’action internationale et la compréhension entre les nations et l’aide à l’avancement de la paix ».

Tout de suite après la signature de la charte des Nations Unis, le Rotary International mis en place de nombreuses actions pour promouvoir ce nouvel organisme dans l’esprit des Rotariens et du public.

Avec la guerre froide, le Rotary pris ses distances avec l’ONU et ce sera le programme PolioPlus qui en 1988 permit de renouer les relations en particulier avec l’OMS et l’UNICEF.

Cette coopération amena le Rotary à rétablir des liens avec les Nations Unies et les grandes organisations internationales et cette coopération est aujourd’hui de plus en plus forte.

Aujourd’hui, le Rotary a des représentants auprès des Nations Unies (New York, Genève, Vienne) dans les  commissions économiques régionales (Nairobi, Santiago du Chili, Bangkok, Beyrouth, Kampala), au Fond pour l’Alimentation et l’Agriculture (Rome), à l’UNESCO, au Conseil de l’Europe (Strasbourg), à l’organisation de la Francophonie (Paris), à l’organisation des Etats américains (Washington), l’Union Africaine (Addis Abeba), la Banque Mondiale (Washington), et, plus récemment, l’Union Européenne, la Ligue Arabe, le Commonwealth et  l’OCDE.

Les représentants suivent les travaux des organisations qui leur ont été assignées et donnent des informations sur les directives, les programmes et les activités du Rotary.

Avec Serge Gouteyron nous représentons le Rotary International auprès de L’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture.

IMG_2510

Le Rotary et l’Unesco ont plusieurs objectifs identiques.

  • Nous avons la même vision et les mêmes objectifs de culture de la paix
  • Nous renforçons nos expertises réciproques dans les domaines où nous sommes l’un et l’autre engagés comme l’éducation, l’eau, la pauvreté, l’éthique et la paix.
  • L’un et l’autre, nous restons indépendants de toute action politique.
  • L’un et l’autre, nous avons une approche adaptée pour chaque région en créant des modèles qui reflètent la diversité de nos organisations.

Le rôle que les ONG en général et le Rotary International en particulier est appelé à jouer dans les activités de l’ONU connaîtra un développement extrêmement intéressant au cours de ces prochaines années.

En effet, ces ONG incarnent cette Société civile qui est en train de devenir un partenaire de moins en moins contournable des organisations internationales.

Depuis des décennies, le Rotary International est accrédité au plus haut niveau auprès des Nations Unis et de ses agences.

Nous y sommes reconnus, estimés et appréciés comme des partenaires efficaces et fiables.

Dès lors, le Rotary International doit se considérer et être considéré comme un membre important de cette Société civile.

Cela est essentiel pour que le Rotary International conserve la place qui lui revient et continue à faire valoir, aussi à l’ONU, les principes rotariens au service de la paix, de la compréhension et du respect entre les peuples et les nations, conformément à la lettre et à l’esprit de la Charte de San Francisco à la rédaction de laquelle le Rotary a fortement contribué.

C’est pourquoi nous devons faire progresser notre collaboration même s’il s’agira d’une question de temps et d’un processus graduel.

Les droits de la femme en Afrique dans les pays en situation de conflits armés

Par Monique Mujawamariya
Fondatrice et présidente de  Mafubo International

Dans les pays en situation de conflits armés, il n’existe plus aucun droit et la femme devient un objet, elle est utilisée comme une arme pour humilier les adversaires. Elle est violée, torturée, elle  devient une chose.

IMG_4206

De mal en pire.

Il y a un siècle 90% de gens qui mouraient pendant  la guerre étaient des gens de métier, c’est- à dire des militaires ou des personnes qui les accompagnaient dans la guerre.

Maintenant c’est le contraire : 90% de gens qui meurent pendant la guerre sont des civils dont en majorité, des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Pourquoi le monde va plus mal qu’il y a 100 ans ?

• Parce que ceux qui se battent ne  sont plus des patriotes et des hommes d’honneur qui défendent leur pays. Ce sont des brigands cupides sous la coupe de gens sans cœur animés par un désir de puissance et de pouvoir pour  terroriser le reste du monde.

• Parce que nous faisons tous fausse route : la femme ne doit plus se battre pour  être l’égal de l’homme, mais pour avoir les moyens d’être une bonne mère. Elle est, qu’on le veuille  ou non, la gardienne de l’humanité ; elle est faite pour harmoniser et prodiguer l’affection, la tendresse et l’humanité, ce qui nous manque partout actuellement. La Jeunesse  sans repère et sans espoir produit un monde sans âme et sans justice.

1. L’absence de la mère est la cause d’enfants déséquilibrés, drogués, psychiatrisés. A quoi leur serviront les doctorats et les postes de PDG devant un tel échec dont l’humanité entière supportera les conséquences? Et comment se sentent les hommes en face  de cet échec cuisant?

2. Dans les quartiers défavorisés la femme qui ne sait pas nourrir ses enfants n’aura pas d’impact sur leur éducation  et ses enfants grandiront dans la criminalité, seul chemin qu’ils auront pour survivre. Ils grandiront en se radicalisant et seront un terroir fertile pour le terrorisme, des violences et des conflits  armés.

Voilà où nous en sommes, mais, pour réellement bâtir une paix durable, il faudrait également se pencher sur la problématique de la prolifération des armes de guerres. Si ce problème n’est pas pris au sérieux, nous continuerons  à soigner les symptômes alors que nous savons où est la source du mal.

Les fondateurs du Rotary international ont toujours fait ce qu’il faut pour améliorer la situation au moment où l’humanité en avait le plus besoin. Si nous sommes leurs dignes héritiers, nous devrions faire différemment que ce  que nous faisons maintenant pour plus d’efficacité. Il faut oser autre chose, pour bâtir la paix durable parce que nous constatons que ce que nous avons fait jusqu’à maintenant n’a pas amélioré les choses.

Le travail est à faire en amont et en aval : secourir ceux qui sont en détresse, ce que nous faisons très bien, mais effectuer également un travail en profondeur pour amener les décideurs à règlementer la circulation des armes. Nous sommes de la génération qui a vu la prolifération des armes nucléaires et les mines anti personnelles. Il nous faut trouver les solutions contre le trafic des armes, au moins en dehors des États. Quand je vois Boko Haram avec des chars et autres autos blindées je me dis que le  désordre de cette distribution mène le monde à sa perte. Nous avons vu « Bring back our girls » (Rendez-nous nos filles)  embraser le monde et mobiliser toutes les puissances, mais nous les avons vues aussi retourner chez eux sans aucun résultat ; les filles sont encore dans les mains de leurs bourreaux. Mieux vaut prévenir que guérir et nous pouvons le faire en rétablissant une justice sociale et en règlementant la circulation des armes.

On ne connaît réellement la valeur de la Paix que quand on en a été privé, et dans ces moments on en rêve et on ratisse tous les chemins qui peuvent nous y mener. La justice doit être plus juste en étant au service de la victime, quand on voit combien de millions d’euros  l’ONU dépense pour la poursuite des criminels de guerre et rien pour réhabiliter les victimes, on se demande quelle est la vraie signification de la justice pour ces bureaucrates qui prennent de telles décisions ; surtout quand on sait que les criminels sont poursuivis après les conflits. Ils font la promotion des carrières juridiques et les victimes sont oubliées sans  remords, c’est révoltant.

Le Rotary peut être le porte flambeau de cette nouvelle voix pour une paix durable et une justice juste.

Les comités interpays du Rotary International

Par Gwenaël de Bergevin
Président du Conseil Exécutif des Comités Interpays 2014/2016

Après les deux guerres mondiales, les rotariens français et allemands ont créé le premier comité interpays avec l’objectif de cultiver la paix entre les 2 pays.

IMG_4076

Cela se passait en 1950, lors de la conférence du district 70, à Baden Baden, avec les gouverneurs Robert Hausman du club de Stuttgart et Roger Coutant du club de Lille.

C’est  à ce moment de l’Histoire que se sont constituées des grandes institutions internationales (Institutions capables de garantir l’expression des valeurs humanistes sur lesquelles se fondent les civilisations) comme l’organisation des Nations Unies et  l’Unesco.

C’est dans le même esprit et dans la même veine qu’a été créé le premier comité interpays du Rotary International.

En 1945, 49 rotariens étaient présents lors de la rédaction de la charte des Nations Unies à San Francisco. En 1948 à Paris, ce fut la déclaration universelle des droits de l’homme. Citons le nom de René Cassin, membre fondateur du club de Lille, prix Nobel de la paix, comme figure emblématique et symbolique de l’esprit de cette époque.

Les comités interpays constituent une force d’appui pour faire progresser l’entente mondiale par la compréhension réciproque entre rotariens de deux pays, pour la défense et le respect des droits humains et par des initiatives de paix par le service dans les domaines  stratégiques de la Fondation Rotary, y compris pour la prévention et la résolution des conflits.

Leurs moyens d’action sont les échanges amicaux, professionnels  ou culturels avec les clubs, les districts, les pays, les jumelages de clubs et les parrainages de nouveaux clubs.  Ils participent  ou montent eux-mêmes des actions pour soutenir leur but. Une large place est donnée aux jeunes générations dans les comités et dans les programmes.

Aujourd’hui, c’est un réseau de 300 comités qui fonctionne à travers le monde avec une section dans chaque pays. Le Conseil Exécutif, avec ses 30 coordinateurs nationaux, est chargé de l’animation, du contrôle et de l’expansion  des comités interpays.

Les comités interpays,  un programme du Rotary International  pour faire avancer la Paix.