LA CULTURE DU ROTARY

Blog de Serge GOUTEYRON

LA CULTURE DU ROTARY - Blog de Serge GOUTEYRON

La Conférence des ONG à l’UNESCO

Par Serge Gouteyron

La Conférence internationale des ONG en partenariat officiel avec l’UNESCO s’est tenue au siège de l’UNESCO les 17,18 et 19 décembre avec comme thème : « valoriser l’engagement et la contribution des ONG partenaires de l’UNESCO ».

Parmi les institutions internationales, l’UNESCO est celle qui fait la place la plus grande dans son organisation à la société civile : une direction et des services, une conférence internationale tous les 2 ans.

425 ONG étaient invitées à cette conférence qui alterne avec la Conférence Générale (la conférence des Etats membres). Celle-ci est le pendant à l’UNESCO de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Parmi les résolutions adoptées, la principale concerne les forums organisés conjointement par le comité de liaison des ONG et l’UNESCO.

10 forums sont programmés au siège ou dans les pays hôtes. Les thèmes proposés sont : sauvegarder le patrimoine culturel naturel et immatériel, le rôle des volontaires et des bénévoles – l’éducation à la citoyenneté mondiale – l’éducation à la non-violence et à la paix – célébration des langues autochtones – quelle éducation inclusive et équitable pour toutes et tous tout au long de la vie – forum sur le climat – festival pour la paix avec les jeunes – lien entre l’esprit d’entreprise, la science, la technologie et l’innovation – la diversité culturelle avec les artistes du monde – les énergies, l’eau et leur impact sur la société civile.

Ces forums sont la manifestation du travail collectif effectué par les ONG, le comité de liaison et l’UNESCO.

La conférence des ONG élit tous les 2 ans au comité de liaison, 10 ONG pour les représenter.Le Rotary International a été réélu au comité de liaison des ONG avec Cyril Noirtin comme membre titulaire et Serge Gouteyron comme membre suppléant. Ce 5ème mandat fait suite à ceux de 2012/2016.

La Conférence a recommandé d’associer les jeunes en leur  déléguant des missions importantes et d’assurer un suivi des conclusions de ces forums auprès des Etats membres et des commissions mondiales et bien sûr en priorité aux ONG.

Très important, la conférence a rappelé l’importance du dialogue entre Etats membres de l’UNESCO, les ONG par le développement d’une coopération fructueuse. Elle a invité le comité de liaison ONG-UNESCO à contribuer à la création de nouvelles opportunités d’interaction et de dialogue afin de renforcer davantage la coopération avec les Etats membres et l’UNESCO.

Pour nous,  représenter le Rotary à l’Unesco est une tâche exaltante   qui nous permet de faire mieux connaître les valeurs et les actions du Rotary auprès d’une institution internationale.

D’autant que le Rotary et l’Unesco ont une proximité de pensée dans plusieurs domaines : l’éducation, l’eau, la pauvreté, la culture de la paix, l’éthique et pourquoi pas bientôt une proximité d’actions en commun.

En retour, l’UNESCO considère favorablement le rôle du Rotary tant dans les conférences internationales qui y ont été organisées avec à chaque fois un intérêt accru que dans sa présence au sein du comité de liaison pour valoriser l’image de l’UNESCO.

Pour le mandat qui s’ouvre, nous devons particulièrement insister sur la représentation de la société civile au sein des hautes instances des Etats membres (Conférence Générale et Conseil Exécutif).

Une tâche pas facile car tous les Etats n’ont pas la même approche et l’ouverture doit provenir des Nations Unies elles-mêmes.

Le long chemin de la paix – Publication de l’Unesco

Par Serge Gouteyron

Aujourd’hui, la paix ne se résume pas à la guerre et à la violence, elle englobe la justice sociale, la réduction de la pauvreté, l’autonomisation des femmes, la mobilisation du potentiel des jeunes et le bien être des enfants.

La sécurité mondiale repose sur la diplomatie préventive – les alertes, la médiation.

Le maintien de la paix lui repose sur les forces d’interventions et la consolidation de la paix après les  conflits.

Les problèmes du monde ne sont pas dus à l’analphabétisation mais plus à  l’incapacité des cultures et des religions des différentes nations à « vivre ensemble » et à travailler collectivement pour résoudre les problèmes persistants tel que le réchauffement de la planète, les épidémies telles que le sida, la pauvreté, le racisme…..

Pour autant, la violation de la dignité au moyen de la discrimination, de la répression, de la persécution sont des facteurs déclenchants de guerre (Peter Wallenstein) tandis que d’autres chercheurs (comme Michel Doye) insistent sur le fait que la gouvernance fondée sur la démocratie et les droits de l’homme, le libre échange, l’interdépendance  et l’implication des organisations internationales sont des conditions préalables à la paix.

Les relations entre pays préparent les citoyens à explorer des perspectives éthiques et culturelles plurielles afin de créer un monde plus juste empreint d’humanité. Elles passent par la découverte et l’appréciation des croyances d’apparence et de modes de  vie différents.

Le concept de « paix positive » est directement en lien avec celui de « culture de la paix » établi sur la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité.

Les violences constituent le plus grand défi à la pérennisation de la paix. L’UNESCO promeut un programme pour lutter contre l’extrémisme violent par l’éducation, le rôle des femmes et l’apport des jeunes au processus de paix et le sport.

La promotion de la paix par l’éducation et l’objectif « éducation pour la paix » en particulier renforce la capacité des enfants, des parents, des enseignants et autres responsables à prévenir, réduire et  gérer les conflits.

L’idée que le patrimoine culturel et national appartient à l’humanité tout entière est un message fort de l’UNESCO.

La culture de la paix induit aujourd’hui la sécurité humaine, la prévention et la résolution des conflits et la réalisation des objectifs des Nations Unies pour le développement durable.

Nous rotariens, nous retrouvons nos idées et nos valeurs dans cette approche de la « paix positive ».

Europe – Paix – Liberté – 100 ans après

Par Anaïs Monier
1er prix concours d’éloquence du club de Fourmies Hirson Vervins
Elève  en terminale L à Notre Dame de Grâce à Maubeuge

Le samedi 10 novembre 2018  à Fourmies

Nous sommes réunis aujourd’hui, pour témoigner d’un devoir de mémoire qui est le premier cessez-le-feu sonné par le caporal Clairon Pierre Sellier le 7 novembre 1918 à  » la Capelle d’Haudroy ». Cela a permis l’arrêt des hostilités entre la France et l’Allemagne, et a enclenché les négociations concrètes de paix signée le 11 novembre.

On nous a demandé ce que pour  nous évoquaient les mots: « Europe, paix, liberté, 100 ans après ».

L’Europe c’était, à cette époque, une solidarité! Car pendant 4 années, les soldats coloniaux ont été envoyés sur le sol français et sur tous les fronts. Ils se sont attirés les éloges du commandement pour leur bravoure, leur héroïsme, et leur  » esprit de sacrifice » au service d’une guerre qui n’était pourtant pas la leur. Ils ont résisté à la propagande allemande! Ainsi qu’à l’appel du djihad lancé par les turcs. C’est grâce à cette solidarité, que la France, et l’Europe, ont gagné.

L’Europe c’est plus qu’un continent, avec les pays alliés, tous vainqueurs d’une haine qui n’est semble-t-il plus notre combat.

Pour définir la paix, j’ai pensé qu’il valait mieux expliquer son contraire. Selon moi son contraire est la guerre. Mais qu’est-ce que la guerre? La guerre est par définition le fait de se battre pour pouvoir garder nos libertés… Mais c’est aussi avoir peur, froid, subir la famine à ne plus dormir! Et se faire tuer pour la paix des autres… La paix c’est çà… Ne pas devoir faire ce que les soldats ont dû ou doivent encore endurer. Même avec du patriotisme, la paix en 1918 c’est décider de ne pas mourir en un claquement de doigts, en une balle, en un obus, dans une tranchée à même le sol, et la boue qui nous recouvre nous et le patriotisme aveuglant de certains.

La liberté quant à elle, c’est la possibilité de pouvoir agir sans contrainte et de ne pas s’aliéner. C’est celle que je prends aujourd’hui pour exprimer mes sentiments. La liberté c’est pouvoir dire « non », sans se faire traiter de lâche, la liberté c’est dire que Boris Vian est un compositeur qui peut manifester sa colère dans sa « lettre au président » par rapport au devoir des Hommes de combattre pour la paix de leur pays en s’enfermant, en se condamnant à une mort physique très probable, et à une mort morale certaine. Rappelons-nous que nos poilus étaient considérés comme déserteur ou menteur lorsqu’ils revenaient du combat sans blessures, apparentes. La liberté d’aujourd’hui c’est tout ce que nous n’avions pas hier. La liberté c’est un des piliers de notre constitution. D’ailleurs, toutes les notions abordées sont des fondements de la France que nous connaissons telle qu’elle est. La paix pourrait être aussi une des branches de la liberté car Malcom x, qui était un homme politique américain, disait: « Paix et liberté ne peuvent être séparées, car personne ne peut être en paix tant qu’il n’est pas libre. »

La notion d’Europe s’accorde aussi avec la fraternité comme nous avons pu le voir précédemment. Pour la laïcité qui se rajoute aujourd’hui, un quidam disait « La laïcité est un signe de paix et d’égalité pour la République et toute l’humanité. » La laïcité c’est notre histoire, c’est aussi celle de nos ancêtres qui sont morts pour qu’aujourd’hui nous connaissions un monde meilleur. C’est cette histoire que nos aïeuls ont écrite avec leur sang pour qu’on n’en démolisse pas les bases et que nous bafouons leur esprit de camaraderie puisque des inégalités culturelles et ethniques persistent en France. Selon Günter Grass, Artiste et écrivain Allemand: « Le racisme, c’est le manque de tolérance caché sous l’arrogance, ce sont les guerres et leurs conséquences, qui marquent l’histoire de nos pays. » C’est pour cela qu’aujourd’hui il est important de se remémorer notre Histoire, de témoigner de l’horreur et de l’injustice de celle-ci, pour que nous et les générations futures ne connaissions plus comme l’a si bien dit Voltaire “cette boucherie Héroïque”, qui a tout de même été nécessaire dans la construction de l’identité française et européenne. Plus jamais nous ne devrions être arrogant, raciste, xénophobe et antisémite.

Il faut que  l’histoire serve enfin de leçon, mais est-ce une utopie dans la mesure où l’histoire s’est répétée en 39-45? Peut-être puisque c’est la haine, l’arrogance, l’esprit de domination, de délation, voire de soumission, qui a germé à nouveau 25 ans après.  Peut-être puisque aujourd’hui encore, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne, (pays européens), se rapprochent des extrêmes pour les mêmes excuses que l’humain utilise pour faire la guerre depuis son existence. Néanmoins on peut aussi comme le disait monsieur Donnadieu, qui est un homme polyvalent par ses talents de Photographe, Graphiste, et d’Auteur, cesser de donner de l’importance à la violence de quelques natures qu’elle soit car je cite: « Disserter  trop du racisme c’est l’entretenir. »

Revenir à cette première guerre mondiale, Henri Barbusse, journaliste et romancier, disait quant à lui: « Ce ne sont pas des soldats : ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés.  » Il montre dans cet extrait que l’homme tel un fauve emprisonné se défend contre un ennemi qui est avant tout un être humain et que l’autre est désespérément dans la même situation. Il montre également que l’homme qui se bat pour des vies et avant tout prêt à risquer la sienne, à se sacrifier au nom de la France et de ses valeurs, qu’ils ont défendus. Je pense à Albert Roche qui en 1914 est appelé du haut de ses 19 ans à servir la France. Le maréchal Foch dira de lui qu’il est « Le Premier Soldat de la France ». Je pense aussi à Jean-Corentin Carré. Ce jeune Breton érigé en héros après sa mort en 1918.   En réussissant à s’enrôler à seulement 15 ans, il est entré dans l’Histoire comme l’un des plus jeunes combattants français de la Première Guerre mondiale.

Nous devons nous rendre compte de la chance que nous avons cents ans après d’avoir les libertés que nous avons, la paix que nous avons, d’avoir 15 ans et de ne nous soucier que  d’apprendre nos leçons sur la grande guerre alors qu’eux en sont morts. Il y a des tas de noms, des tas d’hommes qui sont morts pour nous permettre d’avoir ce que nous avons aujourd’hui.

C’est grâce à eux qu’en ce jour j’ai pu m’exprimer librement, sereinement, et prôner un message de paix, que j’espère avoir partagé avec vous et avec les générations futures pour le monde à venir. Je suis devant vous avant tout, pour remercier tous ceux qui sont morts pour la France, pour nos libertés, notre paix, pour nous permettre de nous réunir ici, en cette année de commémoration nationale, et de participer cents ans après à leur mémoire.

Ce n’est pas parce que, Louis de Cazenave et Lazare Ponticelli sont les derniers combattants français de la première guerre mondiale morts en 2008, que nous devons taire leur mémoire. Notre mémoire.

Merci à vous de nous avoir permis de poser nous-mêmes des mots sur ceux que nous avons appris, de réfléchir sur la chance que nous avons, sur leur histoire, notre histoire, celle de la France entière.

 

Karibuni à Nairobi !

Par Serge Gouteyron et Cyril Noirtin

Karibuni est le mot swahili pour « Bienvenue ».

Pour rester dans cette idée chaleureuse, vous êtes invité à rejoindre les dirigeants du Rotary le 10 novembre à Nairobi (Kenya) pour célébrer notre relation privilégiée avec les Nations unies et les jeunes leaders qui changent notre monde.

Plus de 750 personnes sont attendues cette année pour la Journée du Rotary aux Nations unies organisée sous le thème « Innovation par les jeunes : créer des solutions aux problèmes émergents ». Des responsables des Nations unies et des experts du monde humanitaire proposeront des stratégies innovantes aux participants pour résoudre les crises humanitaires les plus pressantes, à l’échelle locale et internationale.

Organisés par le Bureau des Nations unies à Nairobi, les séances plénières et les ateliers permettront d’aborder les objectifs de développement durable des Nations unies, et de réfléchir aux moyens d’utiliser la révolution technologique pour améliorer les conditions de vie dans le monde et à la place des jeunes dans la création de changement. Une séance spéciale sur l’environnement soulignera l’importance du développement durable et des possibilités d’actions qui s’adressent à tous, pour une planète plus propre.

L’un des temps forts de cette journée sera l’hommage rendu par le président Barry Rassin à six membres du Rotary et du Rotaract de moins de 35 ans pour leur travail humanitaire. Ces jeunes innovateurs apportent de nouvelles solutions aux problèmes humanitaires et leurs résultats – mesurables et durables – permettent de lier les problématiques locales et internationales. Par ailleurs, cette journée présentera pour la première fois une foire aux innovations où des Rotary club, des entrepreneurs et des organisations présenteront leurs actions humanitaires et exposeront des technologies d’avant-garde pouvant soutenir nos actions.

Les informations sur l’inscription, l’hébergement et le voyage sont disponibles sur www.rotaryundaynairobi.org.

Karibuni à Nairobi ! 

Les Nations Unies et les objectifs du développement durable – S’investir dans le monde que nous voulons – Conférence du 24 mars 2018 – Unesco Paris

Par Serge Gouteyron

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde »a écrit Gandhi

  • Eliminer du  monde la faim et la pauvreté,  c’est possible !
  • Stopper les épidémies de Sida, de tuberculose, de paludisme,
  • Assurer l’accès aux soins pour tous, c’est possible !
  • De l’eau potable et des sanitaires  partout, c’est possible !
  • Savoir lire, écrire, compter, c’est possible !
  • Promouvoir une croissance économique soutenue et une stratégie mondiale en faveur de l’emploi des jeunes
  • Vivre dans un environnement propre, protéger les ressources naturelles, lutter contre les répercussions du changement climatique

Les objectifs du millénaire des Nations Unies avaient déjà fait reculer la pauvreté et l’illettrisme, fait progresser l’accès à l’eau et à la santé.

Les 17 objectifs principaux et les 169 secondaires vont plus loin. Ils ajoutent à ces buts, une grande part qualitative  et humaine :

  • L’égalité entre les  sexes et garantir l’éducation des filles
  • La fin  du travail des enfants sous toutes ses formes
  • La diminution des inégalités
  • Le dialogue interculturel et interreligieux – la citoyenneté et la paix
  • La résolution des conflits pour une paix durable
  • Renforcer l’état de droit.

De fait, assurer à chacun une vie digne, protéger la planète, promouvoir des sociétés pacifiques et justes, c’est l’ambition des Nations Unies, de l’Unesco et du Rotary.

Et pour cela, le Rotary réaffirme son rôle de partenaire privilégié par  :

  • Sa vocation naturelle  » à la paix par le service« 
  • Des valeurs propres dont témoignent les rotariens  comme la camaraderie, l’intégrité, le leadership
  • Des actes forts posés par les clubs et les districts à  travers les causes qu’il défend.

Les Nations Unies et les objectifs du développement durable – Le Rotary et l’UNESCO

Par Serge Gouteyron

Conférence du 24 mars 2018 à la maison de l’UNESCO à Paris

Les rotariens sont fiers de leur rôle dans la création de l’Unesco en 1942 à Londres, comme ils sont fiers du rôle du professeur René Cassin, dans cette création, l’un des rédacteurs de la déclaration universelle des droits de l’homme, prix Nobel de la paix et…. rotarien au club de Lille.

Car le Rotary et l’Unesco -Agence des Nations Unies pour l’Education, les sciences et la culture-  ont des objectifs identiques :

  • L’accès pour tous à l’éducation et à l’eau potable
  • La résolution des conflits et la culture de la paix
  • La lutte contre la pauvreté et  le développement économique local
  • Une dimension éthique dans l’action et la gouvernance.

Le Rotary comme organisation internationale de service indépendante et l’Unesco  comme institution intergouvernementale ont des approches adaptées pour chaque région en créant des modèles qui reflètent la diversité de leurs programmes.

Cette conférence « les Nations Unies et le développement durable : s’investir dans le monde que nous voulons » présidée par Ian Riseley est la 4ème conférence que le Rotary International organise. Elle a reçu le patronage officiel de l’Unesco.

La  première était en 2006 « Agir pour l’eau » avec le Président Carl Wilhelm Stenhammar

Conférence qui débouchera en 2012 sur le financement de 16 bourses annuelles –10 actuellement-  (Fondation Rotary) à l’Institut de Delf  de l’Unesco pour la formation d’ingénieurs et de techniciens hydrologues dans les pays en voie de développement.

Les Présidents Glenn Estess (†) et Bill Boyd ont également eu des entretiens avec les dirigeants de l’UNESCO sur ce thème.

La deuxième en 2012 « La culture de la paix : une vision partagée Rotary Unesco » avec le Président Kalyan Banerjee

Conférence qui illustra la convergence d’idées et d’actions de nos 2 organisations mais aussi la nécessité pour l’une et l’autre de renforcer leur influence dans la société pour mieux servir la paix.

La troisième en 2015 « Construire la paix et les initiatives de paix des comités interpays  »  avec le Président Gary Huang.

Conférence au cours de laquelle la déclaration adoptée par les participants rappelait que les exigences humaines du Rotary – respect de chacun – comportement loyal et équitable comme ses causes contribuent à la cohésion culturelle et sociale des  pays : un préalable pour la paix.

Avant ces conférences, une convention visant à renforcer le partenariat entre nos 2 organisations a été signée en 1996 par Luis Vicente Giay Président du RI et M. Frederico Major,  Directeur Général de l’UNESCO.

Une autre en 2003 signée par Jonathan Majiyagbe Président du RI et  M. Koïchiro Matsuura Directeur Général de l’Unesco établissait un partenariat des commissions nationales de l’UNESCO avec les clubs et les districts.

Le Rotary et la Paix

Par Serge Gouteyron

Présentation à la Master Class dédiée pour la paix à Lille le 18 septembre 2017

Ce n’est pas rien  36 000 clubs apolitiques et non confessionnels dans le monde engagés pour que la paix soit possible.

Un peu d’histoire

C’est en 1921, à la  convention d’Edinbourg que le Rotary introduira «  l’aide à l’avancement de la paix » parmi ses buts.

Jusque dans les années 50, il sera un avocat actif du plaidoyer pour la paix.

Le Rotary exprimera publiquement sa position sur le désarmement, le patriotisme, les droits de l’homme, la justice, le respect des croyances de chacun tout en disant que certaines normes morales spirituelles sont fondamentales et que mises en pratique, elles donnent à la vie plus de richesse et de plénitude.

Il n’est pas surprenant que lors de la conférence internationale que le Rotary organise à Londres en 1942, il demande avec les ministres du monde libre présents,  la création d’une institution capable de garantir la paix par l’éducation et la culture

« les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix »

Ce sera l’Unesco en 1945.

Il n’est pas non plus surprenant alors que le Rotary ait participé à la rédaction de la charte des Nations Unies à San Francisco en 1945 et, mieux, que le Président du Rotary ait pu  désigner 10 rotariens pour faire partie de la délégation américaine à la demande du Secrétaire d’Etat des Etats Unis.

C’est dans le même esprit que les rotariens français et allemands créeront en 1950 à Strasbourg le 1er comité interpays pour restaurer la confiance et favoriser la compréhension entre les 2 pays.

Rappelons pour mémoire que le président du comité français,  Roger Coutant était Lillois et que  le président allemand Robert Haussman de Stuttgart appartenait à l’un des 24 clubs allemands réactivés à la fin de la guerre puisque le pouvoir nazi avait interdit le Rotary.

Soulignons le rôle prépondérant  de René Cassin , professeur de droit , rotarien à Lille, rédacteur pour la France de la charte des Nations Unies, de la déclaration des droits de l’homme à Paris en 1948,  président de la Cour Européenne des droits de l’homme, Prix Nobel de la Paix.

Lille n’est pas neutre dans le choix pour une chaire pour la Paix tout comme les Hauts de France parsemés de blancs cimetières

C’est en 1950 que l’organisation du  Rotary adopte comme devise « Service Above Self »  –«  Servir d’Abord » en Français.

Des années 50 aux années 90, nous sommes dans une période de forte expansion du Rotary, par contre la guerre froide produit ses ravages et les clubs rotary sont interdits par les régimes communistes dans toute l’Europe Centrale.

Sous l’impulsion de la Fondation, le  Rotary privilégie l’action humanitaire et renonce pendant quelques années à organiser sa journée phare  aux Nations Unies à New York.

La chute du mur de Berlin, en 1990, entraine la renaissance du Rotary dans les pays de l’Europe Centrale et Orientale – très souvent d’ailleurs grâce à l’action des comités interpays.

Puis en 2002 avec l’ouverture de 7 centres d’études internationales  pour la paix et la résolution des conflits dans les plus grandes universités, le Rotary retrouve non seulement son inspiration originale mais la met en pratique.

Et ce sont en 15 ans, un  millier de nouveaux  « ambassadeurs  pour la paix » qui travaillent principalement dans les institutions internationales, les gouvernements, les ONG et dont certains ont même créé leur propre centre de résolution des conflits.

De quoi faire avancer un peu plus l’idéal de paix.

Aujourd’hui

Le Rotary est une organisation multi services dont les actions visent  à rendre le monde meilleur.

Sa démarche est celle de la paix positive par le service à travers ses causes :

  • L’éducation pour tous, en commençant par l’illettrisme puisque 750 millions d’hommes et de femmes sont illettrés. Plus de 50 millions d’enfants ne sont pas scolarisés.
  • L’eau potable et l’assainissement partout 1 milliard de personnes pour l’eau et 2 milliards pour l’assainissement en sont dépourvues
  • Prévenir et guérir les maladies à l’instar du combat engagé en 1987  pour l’éradication de la poliomyélite qui fait du Rotary la conscience mondiale de cette lutte même si aujourd’hui la Fondation Bill et Mélinda Gates est devenue le 1er pourvoyeur de fonds privés.
  • Le développement économique pour assurer la croissance et diminuer la pauvreté
  • Et enfin la prévention et la résolution des conflits pour lesquels une partie de la solution se trouve dans le rayonnement et  l’action de terrain des rotariens.

Car comme cela a été dit à l’Unesco en 2015 lors de la conférence présidée par Gary Huang président 2014/2015,

 « Les 500 rotariens présents ont réaffirmé leur volonté de faire vivre la paix civile à travers la culture du Rotary,  celle qui induit les comportements loyaux et équitables, le respect des droits humains, la compréhension de l’autre, le progrès économique durable et une gouvernance éthique. Tous éléments qui forgent la cohésion sociale d’un pays  préalable à la paix ».

Car l’un des apports du Rotary  c’est bien de contribuer par ses valeurs et ses actes à la cohésion culturelle et sociale du pays.

L’interculturalité, l’éducation et la lutte contre la violence et l’intolérance

Par Najib Zakka ,
Professeur des Université,
Past Gouverneur Ancien Doyen de la Faculté Lille 3

L’INTERCULTURALITE

Admettre chez les autres des manières de vivre et de pensées différentes des siennes, telle est une valeur  que chacun de nous devrait partager.

Le rapport à autrui est double : d’un côté l’individu s’identifie à un groupe, à un sujet collectif, dépassant ainsi son  individualité dans le partage des sentiments, des normes et des idéaux, de l’autre, il enrichit sa personnalité en s’affirmant dans la relation à autrui comme sujet personnel. Il est évident que l’homme ne pourra parvenir à une solution satisfaisante de ses problèmes individuels, sociaux , nationaux et internationaux , avant de connaître clairement la nature de son  être propre et d’avoir déterminé la place qu’il occupe dans l’immensité de l’Univers .

Le respect de la diversité des cultures, la tolérance, le dialogue et la coopération, dans un climat de confiance et de compréhension mutuelle sont l’un des meilleurs gages de la paix et de la sécurité internationale.

L’interculturalité  suppose que l’on perçoive la diversité culturelle comme quelque chose de naturel et évident et qu’on y adhère de ce fait. Elle suppose une écoute mutuelle et un dialogue entre les cultures, qui sont source de partage et de respect. Essentiellement, l’approche interculturelle fait valoir le point de vue selon lequel la diversité culturelle ne menace pas le tissu social d’une société, mais l’enrichit.

L’homme, né sur un territoire précis, éprouve vite le besoin de surmonter ses limites, d’étoffer son existence en élargissant son horizon. Grâce à ce perpétuel mouvement du sens de la vie, l’homme ne cesse de s’humaniser et d’humaniser l’univers.

Le Rotary dans un cadre universel et structuré devient un champ de réalisation : 1.200.000rotariens,  35 000 clubs présents dans plus de  200 pays, œuvrent pour la formation des jeunes, l’allégement de la souffrance, la diminution de la pauvreté, la lutte contre l’ignorance, le dialogue de cultures et l’entente entre les peuples.

L’EDUCATION

Le Rotary International, dans cette première décennie du XX1ème siècle se trouve devant un nouveau défi : s’interroger sur son rôle dans le monde.

Les membres du Rotary s’engagent alors dans une paix positive, qui vise à résoudre les causes sous-jacentes des conflits, à savoir la pauvreté, les inégalités, les tensions ethniques, la mauvaise distribution des ressources et le manque d’accès à l’éducation.

Qu’il me soit permis ici d’insister sur un aspect qui constitue l’axe de gravité des actions rotariennes ; à savoir  l’urgence absolue de combattre l’ignorance et de donner des chances réelles d’accès à la connaissance comme un gage d’avenir meilleur pour notre humanité.

L’éducation forge toutes les bases de la confiance mutuelle qui fonde la tolérance et la coopération féconde pour bâtir une communauté plus juste, respectueuse de la loi, des libertés fondamentales et des droits de la personne humaine. Elle est un élément capital pour la  promotion de la paix dans l’esprit des hommes pour que l’humanité passe d’une culture de la violence à une culture du partage, de la tolérance et de la justice.

L’objectif principal du Rotary, n’est-il pas promouvoir la connaissance et le développement du sens de la paix dans les sociétés humaines ? Pouvons-nous contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde sans le rayonnement de l’esprit par l’éducation, la science, la culture et la communication ? La collaboration entre nations reste aussi actuelle et nécessaire que jamais. En dépit des efforts nombreux des bâtisseurs de paix, l’humanité demeure la  proie de la guerre, du terrorisme, de la violence, du crime, de l’intolérance et des  conflits. Nous sommes encore loin de l’objectif d’une paix durable, fondée sur la  solidarité intellectuelle et morale de l’humanité.

L’éducation est au cœur de toutes les réponses à ces questions. En tant que facteur primordial du renforcement des capacités et de la transformation, elle peut nous rendre mieux à même d’affronter et de maîtriser le changement. Non seulement elle forme les esprits mais elle les transforme. Elle crée un espace de dialogue et d’échange, elle encourage le respect et la tolérance, elle intègre les principes des droits de l’homme dans la vie quotidienne et renforce les actions positives.

Je suis convaincu que l’éducation est l’instrument le plus important pour la réalisation de ces objectifs. L’objectif du RI est clairement affiché : renforcer la capacité des collectivités à proposer une éducation de base, réduire les  inégalités entre les sexes en matière d’éducation et améliorer l’alphabétisation des adultes. La fondation  Rotary soutient l’éducation au travers de bourses d’études, de contributions et d’actions dans le monde entier.

LA LUTTE CONTRE LA VIOLENCE ET l’INTOLERANCE

La violence et l’intolérance ne sont pas la propriété d’une seule nation ou d’un seul peuple, elles accompagnent l’humanité dans son existence et dans son histoire. Elles sont un défi que l’homme doit relever.

Violence et tolérance, deux termes qui nous interpellent  à l’heure actuelle et qui nous placent devant l’obligation de nous interroger sur notre propre humanité. Pouvons-nous parler de ces deux mots sans nous référer à l’histoire, à la succession des civilisations, à l’aventure humaine dans toutes ses dimensions ? Violence et tolérance sont liées directement à la nature humaine dans sa noblesse et sa  dérive, sa grandeur et sa petitesse, sa force et sa faiblesse, son espérance et sa détresse.

Loin de sous-estimer  les approches historiques, religieuses, philosophiques et  morales de la violence, il ne faut pas oublier que notre organisme, en tant que personne morale, intervient et influence le champ international. Il s’agit pour nous, rotariens, d’un enjeu incontournable du XXIème siècle, et la création d’une chaire pour la paix au sein de l’Université Catholique de Lille en est le témoin.

La lutte contre la violence et l’intolérance sont deux thèmes majeurs du  programme des Centres rotariens pour la paix. Associant études traditionnelles et stages pratiques, les jeunes diplômés deviennent des catalyseurs de paix et de résolution des conflits au niveau local et mondial.

Oui, le Rotary est porteur de valeurs universelles. Des valeurs de paix, de liberté, de progrès social, d’égalité en droits et dignité, de tolérance, de solidarité, d’amour et de justice. Ces valeurs ne vont pas de soi. Nous devons mûrement  y  réfléchir. Nous devons les défendre face aux dangers actuels de nos sociétés, qui sont la ségrégation, la violence, le repli sur soi, le communautarisme.

Le dialogue, nous l’avons vu au cours de cet exposé,  ne vise pas à convaincre l’autre de cesser d’être lui-même, il cherche au contraire à le découvrir dans sa profondeur afin de lui permettre de participer par sa pensée, son expérience personnelle et sa foi, à la découverte de ce qui essentiel dans une vie humaine.

La liberté de l’esprit reste la pierre angulaire de chaque liberté. L’esprit et la volonté doivent se livrer à l’examen impartial des données de leurs actions. Ici se situent tous les complexes du choix humain qui deviendra force de conduite exemplaire.

Mes amis, nous sommes aujourd’hui implantés à travers le monde loin de toute ségrégation raciale, idéologique ou religieuse, poursuivons notre idéal  servir d’abord, cherchant sur tous les visages le reflet de notre propre existence.

Notre regard sur le monde justifie le développement de notre mouvement, non seulement une force de propositions mais également un vivier d’actions au cœur de l’évènement. Forts d’une conviction solide et conscients de la légitimité des horizons que nous désirons atteindre, soyons présents au rendez-vous de l’histoire de notre humanité. Comme le disait mon ami Past-gouverneur Pierre WEMEAU, « L’impossibilité de jamais parler de la paix comme d’un acquis ne justifie pas pour autant un tragique, confortable et dangereux scepticisme sur sa possibilité, mais signifie que la paix doit toujours être construite et indéfiniment préservée. »    

L’éthique rotarienne

Par Najib Zakka
Professeur des Université,
Past Gouverneur Ancien Doyen de la Faculté Lille 3

L’éthique rotarienne est et doit rester une éthique de libération couronnée par l’éthique de l’action. Toute libération véritable de l’homme repose sur un choix délibéré. Nous sommes rotariens par un choix libre et réfléchi, un choix guidé par une intention volontaire. Cette situation place tout rotarien devant une responsabilité multiple : connaître les exigences de son choix et s’identifier à travers les choix des autres. Dans cette démarche l’authenticité  doit triompher car elle est une exigence de la condition humaine. C’est une éthique optimiste qui rectifie notre vision du monde et des hommes.

Pour qu’un dialogue fondé sur une ouverture  humaine, culturelle et intellectuelle plus large puisse s’établir entre des identités différentes, il est certain que, outre la bonne volonté, il faut une intuition de l’autre, un respect des valeurs dont il est porteur, respect qui, pour  être véritable, ne soit ni idolâtrie du plus faible en regard du plus fort, ni condescendance du plus fort à l’égard du plus faible. Seuls ce respect, cette intuition, cette attention vigilante et en quelque sorte affectueuse, peuvent garantir les conditions indispensables d’un échange fait d’ouverture et de tolérance réciproque. Nous sommes ici au cœur d’une philosophie d’action fondée sur l’humilité. Gandhi nous le rappelle :  » Sans une grande humilité, nul ne saurait trouver la vérité. « 

Croire en l’homme, c’est aussi proclamer et respecter, en toutes circonstances, son éminente dignité, ses droits fondamentaux. Nous sommes  rotariens pour apporter notre expérience professionnelle au service d’un engagement personnel ;  nous nous  situons au cœur de l’humanité, au fond de l’intimité de l’être car nous prenons la liberté de juger ses sentiments, d’évaluer sa pensée, de mesurer sa joie et sa détresse, de proposer une aide. Cette responsabilité morale exige de notre part une conformité totale avec l’identité de base du Rotary International à savoir la solidarité, l’amitié et la générosité. Nous devons agir toujours de telle façon qu’autrui puisse grandir en tant qu’être relationnel, conformément à notre philosophie rotarienne de la vie. Que chacune de nos actions soit le fruit de la générosité du cœur et du savoir, car le savoir est une porte pour l’amour, et l’amour est une lumière pour le savoir.

Ici le RI fait dignement ses preuves à travers des actions concrètes qui touchent l’ensemble de la planète, le RI est à l’écoute du monde à travers sa Fondation ; il  s’implique et développe de nombreux  programmes.

Noble est le fondement de cette philosophie rotarienne de la simplicité puissante et de la modestie éclairante qui nous invitent à percer la vérité et le secret de l’autre, proche et lointain.

SERVIR D’ABORD

La vision du monde du Rotary International est canalisée par l’idéal de servir d’abord. Convaincus de pouvoir contribuer à la construction d’un monde meilleur par l’unité de l’action, les rotariens doivent partager des valeurs immuables : celles de la dignité de la personne, la fraternité, l’amitié, et de la célébration de la vie dans la compréhension mutuelle et de la tolérance.

 Cette philosophie optimiste  de l’homme ne doit pas rester seulement une théorie de l’existence, mais aussi une voie pour servir, qui ne soit pas simplement un mode de vie, une occupation, une profession, mais la Vie elle-même, une voie dont on puisse faire effectivement et collectivement la vivante expérience. « L’effort individuel, disait le fondateur du RI, peut certes accomplir beaucoup mais le meilleur émane toujours des efforts concertés de plusieurs. L’effort individuel peut répondre aux besoins d’une personne mais des efforts conjugués seront consacrés au service de l’humanité ».

Voilà pourquoi l’homme doit d’abord se connaître lui-même, c’est-à-dire  définir sa propre conception de la Vie, qui n’existe qu’en fonction d’une conception générale de la réalité, du monde et des principes de la vie. Le Rotary International offre le terrain et le cadre de cette conception.

De cette conjonction de la pensée et de la volonté apparaissent  des exemples dans toutes les sphères où l’activité humaine s’est exercée avec succès, sous quelque forme que ce soit. Agir, c’est combattre, implanter la confiance en soi. Une telle responsabilité donnée à l’homme ne peut fleurir et donner des fruits qu’avec la chaleur d’un seul soleil : l’optimisme et la détermination. Ici la vie est conçue comme ressources en espérance, en force et bravoure, en pensée et foi, en hommes qui portent le message par la parole et par l’action. Plus la force intérieure de l’homme s’accroît plus son dessein grandit et ses efforts s’intensifient. L’événement en marche compte seul.

Le Rotary international, artisan de paix positive

OUI JE CROIS ENCORE A LA PAIX car depuis 110 ans les membres du Rotary mettent leur dynamisme, leur expérience professionnelle et leur engagement personnel au service d’une paix positive.

La santé, le développement durable, la solidarité et l’éducation, la formation  et l’épanouissement des jeunes générations,  sont des domaines de prédilection du RI, mais dans le contexte de mon intervention permettez-moi de mettre  l’accent sur l’inter culturalité, l’éducation  et la lutte contre la violence et l’intolérance.

L’engagement rotarien : philosophie et implication pour la paix

Par Najib Zakka
Professeur des Université,
Past Gouverneur Ancien Doyen de la Faculté Lille 3

Si l’on peut admettre que mon statut universitaire  et mon engagement rotarien me donnent une légitimité pour vous parler d’ un sujet toujours d’actualité : « Le Rotary International : sa philosophie et son implication pour la paix » ,  il s’avère qu’un autre élément justifie ma présence devant vous ; le fait d’être né au Liban, dans une région qui vit depuis 70 ans au cœur de conflits, de guerres, de déchirements, d’injustice et d’interrogations sur les conditions humaines liées à une vie digne et sereine.

Je suis né en 1948, 3 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, 9 jours avant la création de l’Etat d’ Israël. A l’âge de 8 ans j’entendais à la radio que la guerre de Suez était déclenchée. Deux ans après, le Liban connaissait  sa première guerre civile avec 35000 morts. De loin, sur les hauteurs des collines de mon village, j’ai vu, comme les autres jeunes, arriver au large de Beyrouth les navires de la sixième flotte américaine pour arrêter les hostilités. Au voisinage du Liban, et à la même date, le roi  Fayçal d’ Irak était assassiné avant  qu’une  république soit instaurée.

D’autres années de conflits se succèderont au Moyen Orient : la guerre des six jours en 1967, la guerre d’octobre en 1973,  la guerre du Liban en 1975,  la guerre en Afghanistan suivie par la Révolution Iranienne en 1979, la guerre  Iran/ Irak avec ses deux millions de victimes, l’invasion israélienne du Liban en 1982, les deux guerres du Golf avant  que les nuages noirs d’al-Qaïda et de l’Etat islamique  ne ternissent les cieux du monde entier.

Mesdames et Messieurs, mes chers amis, vous êtes en droit de me demander : Croyez-vous encore à la paix ?

Ma réponse est oui sans aucune hésitation, je déclare que ma foi en l’homme est une partie intégrante de mon existence et de mon engagement  dans le Rotary International.

Le Rotary International, porteur d’une philosophie et de valeurs universelles et immuables

Favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples, c’est promouvoir la paix. Le Rotary International est né aux Etats -Unis, dans un milieu précis qui s’interrogeait déjà sur le sens de l’éthique professionnelle, les valeurs de l’amitié, l’honnêteté et la tolérance. Ses préoccupations centrées sur les milieux sociaux de Chicago vont  cheminer rapidement pour se propager à travers le monde depuis la Convention d’Edinburgh en 1921.

Nul parmi nous, aujourd’hui, ne nie la dimension internationale et universelle de notre mouvement rotarien, un organisme qui a accompagné avec détermination le 20éme siècle dans sa grandeur et ses dérives, qui a célébré la victoire de l’intelligence humaine malgré sa nature instinctive plongée dans la violence et la domination.

Depuis 1905, date de la création du Rotary International, le visage de l’humanité s’est transformé. Voilà notre Monde, découpé en Nord et en Sud, en pays riches et pays pauvres ; des nations en paix et d’autres en guerre ; des enfants, des femmes et des hommes qui jouissent du bienfait de la liberté et d’autres qui subissent le joug de l’oppression, des peuples qui bénéficient du bien-être et d’autres qui survivent sous le seuil de la pauvreté,  des idéologies qui s’opposent et des philosophies et des religions qui frôlent la compréhension mutuelle sans pouvoir aller vers l’essentiel.

L’ENGAGEMENT

Mesdames, messieurs, mes chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour dire au monde qu’il  y a toujours des femmes et des hommes qui persistent et qui s’engagent  dans leur résistance au mal multiforme, aux dérives de toutes sortes  ainsi qu’au déficit culturel prégnant. Ils sont profondément rétifs au défaitisme, au cynisme et au désenchantement.  « L’homme, disait André Malraux , ne se construit qu’en poursuivant ce qui le dépasse » et nous sommes tous là aujourd’hui , dans ce haut lieu symbolique, pour renouveler notre engagement, couronné de cette conviction que la bonté dépasse de loin la défiguration du visage souriant de l’humanité, nous sommes là pour donner un sens à nos efforts au service de la collectivité toute entière.

Nous voilà fidèles à nos promesses, nous poursuivons nos efforts afin de montrer que nous sommes capables de faire ensemble toujours plus pour améliorer les conditions de vie de l’humanité en marche.

L’importance que nous entendons attribuer à une œuvre comme celle- ci  ne parait pas exagérée :  c’est à partir  de la vision d’ eux-mêmes  et de leurs  milieux  que les rotariens  ont  à se choisir et à promouvoir ce “ possible”; c’est bien dans les conditions  réunies par une Institution comme le RI , que ces objectifs ont le plus de chance d’être atteints.

C’est dans le cadre du RI  que nous pouvons, ensemble, à partir de cette vision optimiste de nous-mêmes,  passer à l’action et construire une paix positive. La réalisation  de la paix mondiale reste une priorité pour le RI qui nous oblige  à imaginer le monde tel qu’il devrait être, un monde de valeurs et  d’harmonie ; Paul Haris le fondateur du RI n’a-t-il pas dit : « Je considère parfois le Rotary comme l’ébauche d’une philosophie mondiale de la vie et du travail pour atteindre le bonheur ? »

L’appartenance au Rotary International est autant un plaisir qu’un honneur ; Car nos quatre principes d’adhésion à la philosophie de ce grand organisme mondial sont simples et attirants :

  • Se conformer à la vérité des faits
  • Veiller à rester loyal
  • Faire preuve de bonne volonté et de souplesse
  • Considérer que toute solution conflictuelle passe par la tolérance.

J’ajouterais le défi de mettre en avant la notion de l’amour charitable comme clé de paix intérieure et comme facteur d’entente  dans le monde. C’est dans ce sens que notre interrogation sur le rôle du Rotary International dans le monde ne doit pas s’arrêter uniquement à un aspect intérieur et fonctionnel, mais il doit également inclure le dialogue avec d’autres civilisations et d’autres cultures, qui aboutissent à des échanges d’idées, de valeurs et de styles de vie.