LA CULTURE DU ROTARY

Blog de Serge GOUTEYRON

LA CULTURE DU ROTARY - Blog de Serge GOUTEYRON

Le Rotary connecte le monde

Par Serge Gouteyron

Connecter le monde pour assurer la dignité de chacun, protéger la planète et construire une société pacifique.

Assurer le développement du Rotary, c’est rechercher de nouvelles voies d’accès au Rotary, envisager des formats nouveaux de clubs – Etre innovant jusqu’à l’innovation de rupture en créant au sein des clubs et des districts des commissions effectif puissantes et diversifiées afin de répondre aux causes de la défection de nos membres..

Assurer le développement du Rotary, c’est prendre en compte la famille (voir le message de Mark Maloney sur mon blog de septembre 2013) et les contraintes de notre temps. C’est adapter à tout moment le fonctionnement de notre organisation.

Assurer le développement du Rotary, c’est se comporter en leader.

Le président élu Mark Maloney célèbrera l’an prochain le 75ème anniversaire de la création des Nations Unies en organisant les conférences présidentielles sur les sites des Nations Unies. L’occasion de rappeler ou de faire mieux connaître le rôle du Rotary au sein des institutions internationales.

Les Nations Unies rapprochent les Etats pour leur sécurité et le développement tandis que le Rotary contribue dans ces mêmes pays au progrès social et humain.

Une belle opportunité pour connecter le Rotary et les Nations Unies dans la réalisation des objectifs 2030 du développement durable.

6 objectifs sont déjà dans nos priorités et les 11 autres tout proches de la démarche rotarienne :

  • Eliminer la faim et la pauvreté
    Mettre en place des banques de germes et de plants – une protection sociale – le  microcrédit
  • Stopper les épidémies de Sida, de tuberculose et de paludisme. Faire baisser la mortalité maternelle et infantile. Assurer l’accès aux soins et aux médicaments pour tous
  • De l’eau potable et des sanitaires partout
  • Savoir lire, écrire compter. Vaincre l’illettrisme
    Accéder à l’enseignement supérieur, technique et professionnel. Garantir l’éducation des filles
  • Promouvoir une croissance économique soutenue, l’entreprenariat et une stratégie mondiale pour l’emploi des jeunes – Partager les ressources et le savoir
    De l’énergie et internet partout – Supprimer le travail des enfants
  • Penser les programmes de ville ouverte – les transports – la gestion des déchets
  • Vivre dans un environnement sain, partager les ressources naturelles, lutter contre la répercussion des changements climatiques, exploiter de manière durable les océans
  • Favoriser le dialogue entre les cultures, les religions, la résolution des conflits. Lutter contre l’extrémisme violent et la corruption, renforcer l’état de droit, l’éducation à la citoyenneté
  • Des partenariats publics et privés – Aide au développement 0.70% du produit intérieur brut

Les précédents objectifs ceux du millénaire, ont fait  progresser largement la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’eau et à la santé, l’éducation et l’illettrisme.

Les objectifs pour 2030 touchent tous les aspects du développement avec cette fois-ci des objectifs qualitatifs  et humains.

Le Rotary International est l’une des grandes organisations de service privée.

Imaginons que les Nations Unies et le Rotary s’associent dans une nouvelle initiative pour le développement  comme celle de Polio Plus en 1985.

Quelle avancée  !

S’impliquer dans le Rotary

Par Serge Gouteyron

Plus d’implication des rotariens dans le Rotary devient une nécessité, en France, au moment où l’influence numérique tend à décroitre.

Certes, la philosophie portée par le Rotary est attirante : celle que Paul Harris a défini comme « une philosophie de la vie et du travail pour atteindre le bonheur ». Les valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons comme l’éthique, la compréhension de l’autre, le réseau international de camaraderie sont les piliers d’une société juste et fraternelle.

Certes, les causes que nous défendons : l’éducation pour tous, l’eau potable et l’assainissement partout, le développement économique, les combats pour la santé et la culture de la paix à travers le plaidoyer et des actes forts, sans oublier les innombrables opportunités de service local apportent de meilleures conditions de vie là où le rotary intervient.

Nous sommes rangés derrière la bannière  du service mais nous marchons aussi derrière celle des Nations Unies et ses objectifs du développement durable.

Pour autant, cette vision du monde ne suscite plus spontanément l’adhésion du public, c’est pourquoi dans cette période, moins facile, les témoignages forts et le souffle de la reconquête ne peuvent être trouvés que dans une plus grande implication de chacun.

Une organisation de service, le Rotary, qui soit à la fois une référence et un leader.

Des hommes et des femmes inspirés par leur propre histoire rotarienne, pour assurer partout la dignité de chacun, la protection de la planète et l’avènement d’une société pacifique et juste.

Ce sont mes souhaits pour cette année !

Devons-nous nous positionner comme des leaders d’opinion ?

Par Giuseppe Viale
RI Directeur 2014-2016
Italie – Malte – San Marin

Il est bien connu que des relations d’affaires plus amicales sont à l’origine de la création du Rotary par Paul Harris et ses 3 amis. Mais très vite l’esprit de service s’ajoute à cette préoccupation première.

Les chroniques nous rapportent que la toute première action de club a été la collecte de fonds pour acheter un nouveau cheval à un colporteur,  bientôt suivi par des distributions de nourriture, de vêtements, de jouets aux familles en difficulté pour aboutir à la mise en place de toilettes publiques réalisées avec le concours de la Mairie, de la Chambre de Commerce et des organismes professionnels de Chicago.

Cette première période du Rotary trouvera sa consécration dans un document, aujourd’hui oublié, que Paul Harris soumit à la réflexion de  l’Etat de l’Illinois le 27 juillet 1908, afin d’obtenir pour le club la reconnaissance officielle de “Corporation”.

Servir les intérêts authentiques (“the best interests”) de la communauté, associée à une conduite loyale (“spirit of loyalty”).

Bien que les actions charitables se répandent avec le développement des clubs rotary dans le monde, le sens civique (“Civic Work”), restera au centre de l’engagement rotarien pendant les décennies suivantes, dans le domaine social comme dans le domaine des relations internationales. Il suffit de rappeler ici les efforts pour le règlement des conflits capital – travail, qui se succédèrent au premier tiers du siècle dernier comme l’appel au désarmement des grandes puissances lors de la Convention de Vienne en 1931, tout comme les appels du monde libre lorsque les régimes totalitaires parviennent au pouvoir dans les pays d’Europe centrale et orientale.

La Fondation Rotary, après la 2ème guerre mondiale mit de plus en plus l’accent sur l’action charitable et humanitaire qui devint peu à peu l’action principale du Rotary. Sans aucun doute la campagne pour l’éradication de la poliomyélite est l’opération qui exprime le mieux notre engagement sur le plan humanitaire.

Toutefois, les activités de la Fondation Rotary sont en concurrence avec beaucoup d’autres organisations humanitaires parfois dotées de budgets bien plus importants. Cependant,  le plan stratégique du Rotary confirme le rôle central de l’action humanitaire par le renforcement des clubs et l’amélioration de l’image publique.

D’autre part, des décisions récentes du Conseil de Législation ont provoqué quelques soucis, notamment en ce qui concerne le rôle professionnel du Rotary.

Mais aujourd’hui, dans la plupart des pays européens, le nombre de rotariens diminue. Les causes de ce phénomène sont certainement multiples et probablement spécifiques à chaque pays. Mais à mon avis, c’est l’affaiblissement du rôle du Rotary comme “Civic Work” qui en est le premier responsable.

Est-ce que le futur du Rotary, notre futur sera dominé par la charité ? Stéphanie Urchick Présidente du comité stratégique a posé la question: “devons-nous nous positionner comme des leaders d’opinion ? »

Je souhaite que cette question reçoive une réponse affirmative.

 

Agir au Rotary avec les jeunes professionnels : Une proposition pour l’avenir du Rotary

par Gérard Allonneau,
Directeur du Rotary International 2016-2018 (Zones 11 & 12).

L’admission de membres jeunes est l’un des grands enjeux du Rotary International. Il en va non seulement de l’avenir de nos clubs mais encore de l’évolution de notre vision du Rotary.

L’ambition de la proposition présentée est de donner envie aux Rotariennes et Rotariens d’accueillir et d’entraîner les jeunes professionnels a à agir avec eux.

L’attractivité de nos Rotary-clubs

Le Rotary a été historiquement le premier club-service créé au monde, en 1905. Notre « âge » est certainement un handicap mais notre expérience est une très grande chance pour attirer les jeunes professionnels aujourd’hui.

Les jeunes aiment bien œuvrer pour des causes importantes. Nous le vivons avec nos jeunes partenaires dans le service qui sont à nos côtés depuis 1962 pour les Interact-clubs (12 à 18 ans) et depuis 1968 pour les Rotaract-clubs (18 à 30ans).

Nos jeunes bénéficiaires (Étudiants d’échange long ou court, Ryliens, Boursiers de la Fondation, Équipes de formation professionnelle) nous remercient d’avoir changé leur vie en leur transmettant notre savoir-faire.

Dès le Lycée, à l’Université et surtout dans les Grandes Écoles, les jeunes savent agir dans des associations de service. Rechercher à faire le bien est dans l’esprit des nouvelles générations.

Nous pouvons déjà facilement enseigner aux bénéficiaires de l’action jeunesse nos valeurs rotariennes qui reposent sur notre culture de la Paix qui est la finalité du Rotary et notre culture professionnelle fondée sur l’éthique. Mais il en va de même pour attirer des membres postulants ou des nouveaux membres jeunes professionnels.

Agir au Rotary avec les jeunes professionnels repose sur l’engagement de chaque Rotarien à promouvoir nos valeurs.

La flexibilité dans notre organisation

La politique de flexibilité, initiée et conduite par les dirigeants actuels du Rotary International, permet aux clubs de changer leur mode de fonctionnement en prenant en compte les attentes de jeunes membres en fonction de leur vie professionnelle et familiale.

Il ne s’agit pas de demander aux Rotary-clubs de changer totalement leur mode d’organisation. Il s’agit de revoir quelques modes de fonctionnement dans l’organisation d’un club pour répondre aux attentes des nouveaux membres et en particulier des jeunes professionnels que nous devons recruter pour la pérennité de l’effectif du club. L’expérience vécue par des Rotary-clubs montre que quelques modifications ou ajouts dans le règlement intérieur suffisent.

Chaque Rotarienne, chaque Rotarien est conscient des apports positifs des jeunes professionnels dans nos clubs et attentif à leurs attentes et besoins. Il n’y a pas d’opposition entre jeunes et anciens au Rotary mais une profitable complémentarité qui engendrera un dynamisme au sein du club.

Donnons un exemple. Nous pouvons utiliser la création d’un club « satellite » comme support d’accueil pour les jeunes professionnels qui veulent rejoindre le Rotary, dans un cadre plus flexible, tout en restant liés à un club traditionnel. Dans ce cadre, un simple changement d’horaires, de lieu de réunion, une adaptation des cotisations et la mise en œuvre de nouvelles actions ont un impact réel sur les jeunes professionnels et en conséquence sur le Rotary.

Agir au Rotary avec les jeunes professionnels repose sur la volonté des Rotary-clubs à repenser leur mode de fonctionnement.

L’innovation dans nos actions

Les actions réussies sont celles qui savent  allier pédagogie, liens personnels motivation, décontraction et surtout innovation. Les jeunes professionnels savent faire preuve de créativité, ce qui est aujourd’hui nécessaire pour nos programmes d’action. Il est facile ainsi de les motiver à jouer un rôle actif au sein de nos clubs.

Citons l’exemple d’un club satellite composé de jeunes professionnels qui a conçu l’action « Job Experience Exchange » qui consiste à proposer à des jeunes de 18 à 30 ans un stage à l’étranger de 1 à 3 mois. Ce stage, en cohérence avec  leur projet professionnel, est encadré par des Rotariens mentors du Rotary-club d’accueil. Les Rotariens du club satellite accueillent dans les mêmes conditions des jeunes étrangers dans une entreprise correspondant à leur formation et motivation. Un engagement : le stage se déroule dans l’entreprise du Rotarien mentor.

Nous trouvons aussi l’innovation associée à l’enthousiasme dans le choix des actions des Rotaract-clubs. Nous connaissons tous les nombreuses actions conduites par les Rotaract-clubs. A Paris, les Rotaractiennes et les Rotaractiens nourrissent les personnes en difficulté grâce aux « potagers solidaires » qui sont à leur disposition dans la rue.

Favoriser l’innovation dans nos actions est une préoccupation première du Rotary International. Nos clubs peuvent facilement aujourd’hui utiliser le « kit phases d’une action » qui comprend des groupes de discussion, Rotary Ideas et Rotary Showcase. L’intérêt pour un club est d’avoir immédiatement de nombreux contacts, une plate-forme de financement (crowdsourcing) et de prendre connaissance de nombreuses actions innovantes et reproductibles. Cet outil attire beaucoup les jeunes professionnels. De plus, un site spécifique a été créé pour eux afin de multiplier les échanges entre eux.

Agir au Rotary avec les jeunes professionnels repose sur la possibilité d’impliquer des jeunes pour stimuler nos actions.

La fidélisation de nos nouveaux membres

Les nouveaux membres d’un Rotary-club veulent passer à l’action tout de suite,avoir un impact, élargir leurs horizons et leurs réseaux. Les aînés doivent les accompagner dans leurs attentes. La mixité des générations est une force à utiliser. Le Rotarien d’aujourd’hui doit transmettre ses connaissances aux Rotariens de demain. Cette transmission est à organiser concrètement dans les clubs en se fondant sur un mentorat par l’action.

Ce mentorat est une démarche de compagnonnage et d’engagement. Il va bien au delà du traditionnel parrainage. Il se déroule au cours de la conduite d’une action sur le terrain qui implique les membres du Rotary-club et non par une formation théorique. Conduire une action est l’occasion unique de présenter les méthodes du Rotary, ses valeurs, ses contributions pour faire le bien dans le monde et de démontrer l’efficacité du Rotary.

Le mentorat par l’action est aussi une méthode qui va favoriser la fidélisation des nouveaux membres dans les clubs Rotary et dans les clubs satellites. Ce sont nos actions qui attirent. C’est notre savoir faire qui fidélise.

Rotary club satellite de Parthenay

 

Agir au Rotary avec les jeunes professionnels repose sur l’accompagnement dans la conduite d’actions.

Ce texte a été rédigé, à partir des conclusions du Rotary Institute de Montpellier qui a eu lieu en Octobre 2017, par Gérard Allonneau, membre du Rotary-club de Parthenay (France), Directeur du Rotary International 2016-2018 (Zones 11 & 12).

Be the Inspiration – Soyons l’inspiration

Par Pierre Wémeau
District 1520
Gouverneur 2011-2012

L’analyse du thème annuel du Président International, Barry Rassin 2018/2019, est une exhortation aux valeurs rotariennes.

C’est ainsi que les deux thèmes précédents ont été l’occasion d’examiner de plus près le concept de service, puis celui de différence. Cette année, dans une formule aussi brève qu’impérative, c’est la notion d’inspiration qui est promue avec insistance.

I – LA NOTION D’INSPIRATION

L’inspiration, au sens propre et au sens figuré, est d’abord insufflation, le verbe « insuffler » étant bien entendu dérivé de « souffle ».

Le sens figuré du mot inspiration, évidemment dominant, sinon exclusif, dans le thème du Président International, est celui d’une incitation (à la pensée et à l’action) qui n’est pas de l’ordre de la raison.

II – PORTÉE CONSÉQUENTE SUR LE ROTARY

On montrerait aisément que ce qui vaut pour le désir du vrai et ses conditions vaut pour le désir du bien qui anime le rotarien, et l’on comprend l’importance de l’appel lancé par notre prochain Président International.

D’autres ont agi avant nous et nous devons rebondir sur ce qu’ils ont entrepris. Ils nous inspirent, avec le désir de bien faire.

Be the inspiration est proclamé par Barry RASSIN délibérément après plus d’une centaine d’années d’expérience du Rotary. Il s’adresse tout d’abord à ses gouverneurs du monde entier et à tous les présidents des clubs rotariens : « avec votre expérience rotarienne, avec ce que vous avez-vous-mêmes appris en vous inspirant de vos prédécesseurs et de ce qui a été fait dans l’histoire de vos clubs et du Rotary, inspirez à votre tour les rotariens dont vous êtes responsables, et en particulier les générations plus jeunes du Rotaract » ;

Citons son propos au cours de l’Assemblée Internationale de San Diego : « insufflez à vos clubs et à vos membres ce désir de réalisation (…) qui sommeille en chaque rotarien ».

Il est bien ici dans le droit fil de l’Eros platonicien, et il précise : « Ne commencez pas par concevoir des actions et distribuer des tâches » mais « commencez par inspirer : quand vous réveillerez chez eux par votre propre enthousiasme le désir d’un monde meilleur, ils pourront le construire ».

 « Comme Paul HARRIS l’a si bien dit ‘Le Rotary est un microcosme d’un monde en paix, un modèle que les nations feront bien de suivre’. Selon moi, le Rotary n’est pas seulement un modèle, mais une inspiration. Il nous montre ce qui est possible, nous inspire à l’accomplir et nous ouvre la voie vers l’action – alors, Soyons l’inspiration pour notre monde ».

Quand le Rotary inspire les rotariens, c’est le monde entier qu’il inspire, c’est-à-dire, pour reprendre l’étymologie et son symbole, que le monde aura trouvé un souffle plus fort, que lui aura été insufflé plus de vie.

III – LE LOGO

1 – En premier plan, une énorme vague roule et se brise comme sur la rive bordant sa maison côtière des Bahamas : la mer représente l’inspiration, et les vagues figurent cette inspiration frappant la terre. Le Rotary est tel cette force primitive des vagues, se caractérisant comme elles par la constance, la fiabilité, la puissance irrésistible de changement.

2 – Sur le logo, à droite de la vague, on aperçoit en arrière-plan les rayons de soleil polychromes qui symbolisent toute cette diversité génératrice de puissance qu’on trouve au Rotary, diversité de contextes, de cultures, de professions et de capacités, qui, loin de nous séparer, accroît notre unité et notre dynamisme, car une synergie procède d’une communauté des valeurs et des fins, que deux derniers éléments du logo vont déterminer.

3 – Sous l’extrémité de la vague, on discerne un cœur – si stylisé à vrai dire qu’on peine à le deviner. C’est qu’avoir du cœur appartient en priorité à ces valeurs rotariennes qui animent l’unité inspirée des acteurs qui ne parviennent à prendre soin de ceux qui ne peuvent prendre soin d’eux-mêmes, que parce qu’ils ont d’abord été sensibles à leur souffrance.

4 – Enfin, à droite, la vague découpe dans l’espace ensoleillé, la silhouette d’une voile, bien distincte cette fois. Cette voile symbolise la direction, l’exigence d’un cap à tenir, bref la conscience des fins poursuivies : au Rotary, on sait où l’on va et, en tenant la barre on regarde en direction du but, inspiré par autrui et inspirant autrui.

Au 1er Juillet 2020, La France, Andorre et Monaco seront dans la zone 13

Par Gérard Allonneau,
RID 2016-2018

Tous les huit ans, le Rotary International révise les 34 zones du monde rotarien. Le Board a voté la nouvelle répartition des zones en Janvier 2017 avec application pour 2020-2021 : décision 94. En Juin dernier, le Board a étudié les questions relatives aux secteurs et aux élections des Administrateurs.

Un nouveau redécoupage était nécessaire pour la zone 11 qui a vu ses effectifs diminuer régulièrement depuis 15 ans (moins 20% environ).

Compte tenu de la population rotarienne mondiale constatée fin 2016, l’effectif moyen d’une zone devait être de 36 000 membres. La zone 11 avait à cette époque 31 500 membres. Il fallait trouver d’autres districts pour arriver à ou dépasser ce nombre.

La proposition d’ajouter les trois districts belges et luxembourgeois a été votée à l’unanimité. Nous arrivions alors à une zone de plus de 42 500 membres. Après réajustement de la liste des zones, nous avons ainsi créé la zone 13.

Cette nouvelle zone a été répartie en deux secteurs en Juin 2017:

  • Zone 13A : Andorre, France et Monaco
  • Zone 13B : Belgique et Luxembourg

Ceci entraine l’élection d’un Administrateur belge ou luxembourgeois à la place d’un français une fois sur quatre, tout en conservant l’alternance avec un Administrateur italien. L’Italie reste une zone avec Malte et San Marin puisqu’on arrive à plus de 39 700 membres. Ainsi se crée la zone 14 sans l’Albanie qui était précédemment dans la zone 12 et qui rejoint la zone des pays de l’est.

 En ce qui concerne l’élection des futurs Administrateurs, nous aurons à partir de 2020 les alternances suivantes ;

  • 2020-2022 Zone 13A
  • 2022-2024 Zone 14
  • 2024-2026 Zone 13B
  • 2026-2028 Zone 14
  • 2028-2030 Zone 13A

En 2020, il y aura un Administrateur français. Son élection est à mettre en place pour 2018. Pour ce faire, il faut organiser une commission de nomination cette année, composée d’un délégué par district. Ce dernier doit avoir assisté à au moins deux Institutes dans les zones 11 et 12 et à une Convention dans les trois ans précédant sa participation à la commission. Il en va de même pour les candidats.

Un Président de commission sera nommé parmi les délégués par l’Administrateur en exercice cette année. Ce Président aura pour première mission de contrôler que tous les délégués et les candidats remplissent bien les conditions prévues. Il aura à faire siéger la commission entre le 15 et le 30 Septembre 2018. Les votes devront respecter les règles du Code of Policies 2017 du Rotary International qui prévoit désormais le cas de l’impossibilité de statuer de la commission en se remettant au vote des Présidents de Rotary-club.

Le Secrétaire général a déjà demandé à chaque Gouverneur de désigner cette année un délégué de son district à la commission de nomination de l’Administrateur 2020-2022.

Le Rotary et les objectifs 2030 des Nations Unies pour un développement durable

Par Serge GOUTEYRON

C’est un enjeu essentiel pour l’humanité que les objectifs 2030 des Nations Unies pour le développement durable soient atteints.

Et cela ne pourra se réaliser que grâce à  l’engagement des grands acteurs de la société civile.

Dans ce contexte, la contribution des rotariens peut être déterminante.

Les clubs et les districts conduisent déjà nombre d’actions sur le terrain :

  • pour réduire de moitié la pauvreté,
  • éliminer la faim et la malnutrition,
  • arrêter les épidémies de Sida, de tuberculose, de paludisme, Les maladies tropicales, permettre l’accès aux soins et à l’assurance santé pour tous,
  • garantir une éducation de qualité et à l’apprentissage tout au long de la vie,
  • garantir l’accès à ‘eau potable et l’assainissement pour tous.

De par les valeurs que nous portons pour,

  • œuvrer à l’égalité des sexes, à l’autonomie des femmes et des filles, des personnes handicapées,
  •  mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes,
  • réduire les inégalités entre pays et de faire en sorte que les villes soient ouvertes à tous.

Comme professionnels, nous soutenons les efforts pour une croissance économique d’au moins 7%, dans les pays les moins avancés et pour une industrialisation durable et un accès généralisé à internet.

Dans les objectifs 2030 des Nations Unies, la partie environnement et ressources naturelles renouvelables est très importante :

  • établir des modes de consommation et de productivité durable,
  • prendre des mesures d’urgence pour lutter contre les changements climatiques (et en particulier mobiliser 100 milliards de dollars dans les pays développés pour répondre aux besoins des pays en développement),
  • exploiter les océans et les mers de façon durable, préserver les écosystèmes terrestres.

Le président élu Ian Riseley fait de la protection de la planète (comme le past président Paolo  Costa en 1991) un thème fort de son année. Peut-être une nouvelle priorité stratégique pour notre organisation ?

Passer du plaidoyer à l’action pour la paix, mobiliser les moyens pour promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et justes (ajoutons fraternelles) : Etat de droit, lutte contre la corruption, la lutte contre les pratiques de pots de vin, garantir à chacun l’identité juridique, l’accès à l’information et renforcer le rôle des pays en développement dans la gouvernance mondiale.

Nul doute que les rotariens doivent s’impliquer au succès de ces objectifs et même être des leaders de la société civile en ce domaine comme leur histoire en témoigne.

Enfin, il s’agit de renforcer les moyens pour la coopération internationale : mettre en œuvre un partenariat mondial grâce aux 0.70% du PIB d’aide internationale,  avec des partenariats multipartites (comme nous l’avons fait avec l’initiative Polio Plus).

Dans tous les cas, un immense chantier dont les résultats contribueront à une meilleure cohésion culturelle et sociale des pays, un préalable pour la paix entre les citoyens.

Y prendre notre part renforcera l’identité et l’influence du Rotary.

 

L’avenir du Rotary

Par Serge Gouteyron

L’avenir du Rotary est devenu une préoccupation majeure des rotariens français avec raison, car après 80 ans de croissance, celle-ci s’est interrompue et même ces 5 dernières années le repli est amorcé.

Nous en connaissons les causes :

L’adaptation de la pensée et des procédures d’une organisation centenaire à un modèle de société qui change de plus en plus vite

  • La réunion d’amis a trouvé une nouvelle vie dans les réseaux sociaux
  • Le caractère professionnel oscille entre le repli sur soi et le réseau
  • L’idéal d’altruisme comme celui de citoyen du monde se fait plus rare
  • L’intérêt pour les grandes organisations de pensée ou d’actions est moindre.

Quoiqu’il en soit, les raisons qui faisaient de l’appartenance au Rotary une reconnaissance sociale et qui dans le même temps donnait un sens à la vie sont bien moins évidentes aujourd’hui.

Nous en connaissons aussi les remèdes qui peuvent agir temporairement sur les symptômes

  • Simplifier le fonctionnement de l’organisation et se rapprocher de celui de l’association plus que de celui du club
  • Privilégier des actions de terrain en lien avec notre identité
  • Annoncer plus clairement et illustrer mieux ce qu’est la culture du Rotary.

Héritier d’une triple culture, professionnelle et de service à l’origine puis de paix à partir de la 1ère guerre mondiale

Témoin de la nécessité vitale du leadership et  des comportements éthiques.

Fidèles à eux-mêmes les rotariens se sont retrouvés en quelque sorte privés de leur influence initiale.

En effet, les bouleversements des économies avec la montée en force des pays asiatiques, et bientôt celles des pays africains, ajouté à l’évolution  générale des mentalités ont modifié le positionnement du Rotary. Il s’est éloigné de ses  fondements intellectuels pour se tourner vers l’action au même titre que nombre d’ONG.

Celui d’une organisation marquée par son caractère humanitaire aux dépens de son rôle antérieur, celui d’un mouvement de décideurs lesquels, la conscience libre, œuvraient, par l‘exemple, à la diffusion des valeurs universelles dans une société plurielle et aux progrès du développement tant  économique   qu’humain  dans le but de favoriser la cohésion culturelle sociale et de créer ainsi les conditions pour un monde de paix.

Reconquérir cette influence est la clé de son futur pour cela le Rotary dispose d’atouts :

  • Un acquis culturel nourri par 6 générations d’amis ayant la même vision du monde et défendant les mêmes valeurs
  • Une organisation et des procédures sans doute efficaces mais qu’il  faut alléger
  • Un projet pour la société mais qui doit davantage s’identifier à sa pensée
  • Une approche propre à chaque continent.

Pour autant, si la motivation principale pour rejoindre le Rotary est toujours la même : faire partie d’un réseau amical et professionnel, il faut bien admettre que celle-ci est bien moins intense et aussi moins durable.

Car si l’idéal de servir a porté des générations de rotariens, il faudrait sans doute l’associer aujourd’hui à un projet plus concret pour  la société inspiré par les valeurs, le but et la mission du Rotary.

A propos du vice-président du Rotary International

Par Serge Gouteyron

J’ai eu le privilège de servir le Rotary International comme vice-président en 2005-2006 (la 2ème année de mon mandat d’administrateur).

Le vice-président occupe une place de choix dans l’organigramme du Rotary, en cas de défaillance du  Président, c’est le vice-président qui est appelé à lui succéder (et non le Président élu) : une réplique de la constitution des Etats Unis.

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Le poste de vice-président dans l’histoire échoit rarement à un européen (c’est le plus souvent le poste de trésorier). Le dernier vice-président européen était Carlo Ravizza en 1985 comme le dernier vice-président français avant moi était Jacques Giraud (1er vice-président en 1962), avant 1978, il  y  avait 3 vice-présidents : 1  par grande région rotarienne.

Remarquons qu’un vice-président sur 2 à peu près devient président quelques années plus tard.

Suivant l’usage, c’est le Président qui propose au conseil d’administration le nom du vice-président. Dans mon cas, cela s’est passé au lendemain de la convention de Chicago (le président Stenhammar m’avait informé quelques semaines auparavant). Cette proposition sera accueillie par les applaudissements de mes collègues. Je succédai à John Germ (le vice-président de Glenn Estess) qui est l’actuel président du Rotary.

Sinon le vice-président remplit les missions que le Président lui confie. J’ai donc pu à ce titre entrer dans la peau d’un Président à l’invitation des rotariens à Beyrouth,  Lisbonne, Naples, Capri, Moscou, Boston  et autres lieux français.

J’ai reçu, au nom du Rotary International et de son Président, 2 prix pour notre action en faveur de l’éradication de la polio : le 1er  à Chicago remis par l’Eglise Luthérienne et le 2ème à St Domingue remis par l’association internationale Wango (plus connue sous le nom de Moon).

Parmi toutes ses fonctions, le Vice-Président est également membre de droit de la commission exécutive dont l’une des tâches est l’évaluation chaque année du secrétaire général, il est aussi membre de droit de la commission commune Rotary/Fondation au cours de laquelle j’ai eu à protester contre la fermeture du centre pour la paix de Paris (car sans proposition alternative).

Un autre rôle du Vice-Président (important sans doute mais moins visible) se niche dans les relations internes du conseil d’administration. Modérateur,  dans les débats les plus tendus en en particulier lorsque le Président n’est pas en phase avec son conseil (ce qui arrive), confident (sur les sujets sensibles), vigilant lorsqu’il s’agissait pour moi de mettre en valeur la pensée rotarienne.

Dix années sont passées. Que retenir de ces années !

Avons-nous avancé dans le bon sens ? Certes, nous nous sommes efforcés de faire rayonner le Rotary mais l’influence des hommes sur le système est limitée, c’est l’organisation qui a toujours le dernier mot.

Mais ce n’est pas plus mal ainsi, cela évite les dérives

En tout état de cause, une aventure rotarienne et humaine sans pareil !

A propos de l’administrateur du Rotary International

Par Serge Gouteyron

Retour quelques dix années en arrière sur ma fonction d’administrateur : une fonction méconnue.

2005-chicagoIl faut bien comprendre que la tâche principale de l’administrateur est de gérer le Rotary International, les clubs et les districts, les programmes, les finances et les commissions du Rotary …   sur la base de propositions apportées au Conseil  par  le secrétaire général, son staff et le Président. Remarque : les initiatives personnelles des administrateurs  hors de ce cadre sont rares mais aboutissent quelquefois.

J’ai eu la chance que 3 de mes propositions soient devenues des décisions du Conseil d’Administration :

·       Il a reconnu et valorisé l’action des comités interpays avant que le conseil suivant (en 2007) approuve le nouveau code de procédures des comités interpays

·       Une autre décision du conseil d’administration reconnaîtra l’organisation internationale de la francophonie comme une institution internationale dans laquelle de Rotary sera représenté (cela 8 ans avant que le Commonwealth soit lui-même reconnu)

·       Une 3ème décision, avec mon collègue canadien aboutira à la mise en œuvre des groupes d’action rotariens pour soutenir les 6 priorités d’actions du plan stratégique.

Comme souvent dans ce type d’instance, les relations personnelles jouent un grand rôle dans les décisions.

Mais il y eut également des moments difficiles, au moins 2, lorsque le centre d’études internationales pour la paix  à Sciences Po Paris a été fermé (sans proposition alternative) mais également lorsqu’il fallut annuler le choix du comité de nomination du président pour campagne électorale. Décision qui sera confirmée à la convention de Copenhague après une mise en scène qui est restée dans la mémoire des présents.

Sinon des débats quelquefois passionnés sur plusieurs sujets ont débouché sur des décisions : – pour ma part sur le développement du Rotary en Chine, sur la création du 1er district de Russie, sur la mise en oeuvre du plan stratégique…..

Une belle satisfaction aura été d’organiser avec la promotion des gouverneurs 2004-2005, le peut déjeuner francophone à la convention de Chicago. Lieu de rencontre  qui  fera place l’année suivante au cocktail organisé avec le soutien du magazine Le Rotarien qui perdure toujours. Très couru par les dirigeants du Rotary (à Salt Lake City pas moins de 12 administrateurs et 4 past présidents y seront présents).

Autre débat sous tension qui revient périodiquement : la composition des zones, c’est à dire  rééquilibrer les zones en fonction du nombre de rotariens. L’enjeu est le nombre de sièges au Conseil d’administration et dans la commission d’élection du Président et  l’influence qui va avec.

C’est un sujet sensible car les rotariens des Etats Unis vont bientôt  perdre leur leadership originel.

Il nous faut lancer une réflexion sur ce point et sans doute adapter notre gouvernance pour que la place de l’Europe, dans cette confrontation, soit sauvegardée et avec elle sa conception du Rotary.