LA CULTURE DU ROTARY

Blog de Serge GOUTEYRON

LA CULTURE DU ROTARY - Blog de Serge GOUTEYRON

Préparer la Paix avec le Rotary – Volet 3

Par Serge Gouteyron

« La paix rotarienne » s’appuiera sur 2 programmes majeurs de l’ONU : le Pacte Mondial et les Objectifs 2030 des Nations Unies pour le développement durable.

2 programmes de « Paix Positive » dont le succès repose sur l’implication de la société civile en ayant bien conscience toutefois des fractures idéologiques qui traversent nos communautés.

Rappelons les 2 missions actuelles de l’ONU : la sécurité des nations (Conseil de Sécurité) et le développement des nations – lequel nous concerne directement.

Le Pacte Mondial (Global Compact) initié par Kofi Annan – Secrétaire Général des Nations Unies – Prix Nobel de la Paix en 2001/l’ONU – demandait à la société civile (entreprises – associations – individus) de s’engager aux côtés des Nations Unies afin de faire progresser quelques-uns des principes forts de la civilisation universelle.

A savoir : faire respecter – chacun dans sa sphère d’influence – les droits humains, les normes internationales de travail (pas de travail pour les enfants), la protection de l’environnement et la lutte contre la corruption.

Le Rotary International a adhéré au Pacte Mondial en 2010.

Ces dernières années, plus particulièrement en Europe, la responsabilité sociale et environnementale de l’Entreprise a été confortée, de nouveaux modèles entrepreneuriaux sont apparus jusqu’à l’entreprise à mission.
Ces nouvelles orientations sont appelées à se renforcer.

Si le Pacte Mondial conjuguait morale et action, les objectifs 2030 des Nations Unies pour le développement durable – les ODD – sont un programme de grande ampleur qui touche à tous les domaines avec certains objectifs mesurables.

17 objectifs principaux et 169 associés un enjeu et autant de défis.
Nota : objectifs fixés avant l’irruption de l’intelligence artificielle.

Nous retrouvons 4 de nos « causes prioritaires » dans le noyau central

Réduire de moitié la pauvreté – éliminer la faim et la malnutrition – arrêter les épidémies de Sida, la tuberculose et le paludisme, les maladies tropicales – ramener à 70 cas pour 100 000 naissances la mortalité maternelle et à 12 pour 1 000 naissances la mortalité des enfants de moins de 5 ans – une éducation gratuite de qualité et l’apprentissage tout au long de la vie – l’alphabétisation – garantir l’accès à l’eau potable (700 millions de personnes n’ont pas d’eau) et à l’assainissement pour tous (2 milliards d’habitants sans assainissement).

Si les pays d’Asie du sud ont fait beaucoup de progrès, l’Afrique subsaharienne reste très en retard.

Le développement économique – « la profession vecteur d’action dans la société« 

Promouvoir la croissance économique (7% du PIB pour les pays les moins avancés) – mettre en œuvre une stratégie mondiale en faveur de l’emploi des jeunes et appliquer le Pacte Mondial pour l’emploi de l’Organisation Internationale du Travail – Promouvoir une industrialisation durable– réduire les inégalités entre pays – garantir à tous des services énergétiques fiables – faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous et sûrs – des ressources partagées – l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes et des filles – développer le microcrédit.

La part environnementale occupe une place conséquente – notre 7ème cause prioritaire

Prendre des mesures d’urgence pour lutter contre les changements climatiques – conserver et exploiter les océans, les mers aux fins de développement durable – préserver les écosystèmes terrestres (forêts sols biodiversité pollution).

En 20 ans, les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 50% – La déforestation est à un niveau alarmant – La pénurie d’eau affecte plus de 40% de personnes dans le monde

Des objectifs vertueux

Prendre des mesures pour faire respecter l’état de droit – réduire les flux financiers illicites et le trafic d’armes – réduire la corruption et la pratique des pots de vin – lutte contre la traite des êtres humains – garantir à tous une identité juridique et l’accès à l’information –

De fait, des objectifs sur plusieurs décennies afin de transformer le monde, protéger la planète, assurer à chacun sa dignité et promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques.

Alors quel rôle pour le Rotary dans ce programme ?

Celui de contribuer au partenariat mondial pour le développement en motivant et en fédérant, avec d’autres ONG, les Institutions Internationales, les gouvernements et la société civile.
Une vaste initiative dans l’esprit de celle de 1985 pour éradiquer la poliomyélite.

Rappelons, pour clore provisoirement cette réflexion « préparer la Paix avec le Rotary« , les termes de la résolution prise lors de la conférence du 4 avril 2015 à la Maison de l’Unesco sous la présidence de Gary Huang : « construire la Paix avec le Rotary et l’Unesco – Les initiatives de paix des comités interpays« 

 » Les rotariens réaffirment leur engagement pour faire vivre la paix civile à travers la culture du Rotary. Celle qui induit les comportements loyaux et équitables, le respect des droits humains, la compréhension de l’autre, le progrès économique et social durable et une gouvernance éthique.

Tous éléments qui forgent la cohésion sociale d’un pays comme préalable à la paix « 

Cette résolution 11 ans plus tard est toujours d’actualité.

Redécouper les zones du Rotary : Anticiper aujourd’hui l’organisation de demain

Par Alain VAN de POEL
Vice-Président du Rotary International 2025-2026
Administrateur Rotary International 2024-2026

Au cours de l’année rotarienne 2025-2026, j’ai eu l’opportunité – et la responsabilité – de conduire un chantier particulièrement important pour l’avenir de notre organisation : le redécoupage des zones du Rotary International.

L’opération de redécoupage doit avoir lieu minimum tous les 8 ans !

À première vue, parler de « redécoupage des zones » peut sembler relever essentiellement de l’organisation interne du Rotary. En réalité, le sujet va beaucoup plus loin. Derrière des frontières géographiques, des chiffres d’effectifs et des mécanismes de représentation se pose une question fondamentale : comment adapter notre organisation à l’évolution du Rotary dans le monde tout en préservant son unité, son équilibre et sa capacité d’action ?

C’est ainsi que le redécoupage peut aussi faire références au respect des différences culturelles, des diversités linguistiques : en bref, à des notions plus subjectives que de simples chiffres.

Pourquoi fallait-il agir ?

Le Rotary évolue. Sa démographie évolue également.

Certaines régions du monde connaissent une croissance importante de leurs effectifs, tandis que d’autres sont confrontées à une stagnation ou à une diminution du nombre de membres. Cette évolution crée progressivement des déséquilibres entre les zones et pose inévitablement la question de la représentativité au sein de notre organisation.

Une démarche fondée sur l’écoute

Dès le début du processus, une conviction m’a accompagné : une réforme de cette importance ne pouvait réussir que si elle était comprise, partagée et construite dans le dialogue de TOUTES les parties concernées.

J’ai également souligné que tous nos échanges, réflexions et propositions devaient être animés par l’esprit rotarien respectueux de nos valeurs et du critère des 4 questions : c’est là que se trouvait notre moteur de réussite.

Il fallait écouter les différentes réalités régionales, analyser les données disponibles, comprendre les conséquences possibles des différentes options et, surtout, dépasser les intérêts particuliers pour rechercher l’intérêt général du Rotary International.

Car déplacer une frontière entre deux zones n’est jamais totalement neutre.

Cela peut modifier des habitudes de collaboration, des relations entre districts, des équilibres régionaux ou encore la manière dont certaines responsabilités sont exercées.

Le défi consistait donc à conjuguer plusieurs exigences : la cohérence géographique, l’évolution des effectifs, la représentativité, l’efficacité organisationnelle et la nécessaire continuité de notre fonctionnement.

Construire progressivement le consensus

Le processus s’est déroulé en plusieurs étapes.

Différents groupes de travail ont été mis en place regroupant d’anciens, d’actuels et de futurs dirigeants (administrateurs) du RI représentant leurs Zones ou parties de Zones.

Ces différents groupes m’ont soumis leurs états d’avancement de travaux ainsi que leurs propositions afin de me permettre de les soumettre à un groupe de travail qui réunissait l’ensemble du monde rotarien et de son leadership.

Ce groupe statuait sur une proposition finale destinée au Conseil d’administration du RI.

Le Conseil d’administration du Rotary International a naturellement joué un rôle central dans cette réflexion finale.

Un élément me paraît particulièrement significatif : les deux votes intermédiaires du Conseil d’administration ont, chaque fois, été adoptés à l’unanimité.

Cette unanimité n’est pas anecdotique.

Sur un sujet qui pouvait légitimement susciter des sensibilités différentes, parvenir à une position unanime constituait un signal particulièrement fort.

Cela démontrait que le redécoupage n’était pas la victoire d’une région sur une autre, ni le résultat d’un rapport de forces. Il était progressivement devenu un projet collectif au service du Rotary International.

Un redécoupage réussi n’est donc pas celui qui ne change rien. C’est celui qui permet à notre organisation de continuer à fonctionner efficacement malgré les changements qui l’entourent.

Un impact à tous les niveaux du Rotary

Les conséquences de cette évolution ne se limitent pas au Conseil d’administration ou aux structures internationales.

Elles concernent, directement ou indirectement, tous les niveaux de notre organisation.

Au niveau international

Le redécoupage contribue à préserver une représentation équilibrée des différentes parties du monde au sein des structures du Rotary International.

Notre diversité géographique est une richesse, mais elle doit pouvoir se traduire dans notre gouvernance et dans notre capacité à entendre les différentes réalités du Rotary à travers le monde.

Au niveau des zones

Certaines zones voient naturellement leur composition évoluer.

Une zone ne doit cependant jamais être considérée comme une frontière. Elle est avant tout un espace de coordination, de coopération et de mise en relation.

Au niveau des districts

Les districts sont directement concernés par les dynamiques régionales qui découleront de cette nouvelle organisation.

Cette évolution peut être extrêmement positive si nous la considérons non comme une contrainte administrative, mais comme une occasion d’élargir nos réseaux et nos perspectives.

Au niveau des clubs

On pourrait penser que le redécoupage des zones est très éloigné de la vie quotidienne d’un club Rotary.

Pourtant, toutes les structures du Rotary International n’ont finalement qu’une seule raison d’être : permettre aux clubs et aux Rotariens d’agir plus efficacement.

Une leçon de gouvernance

Au-delà du résultat lui-même, je retiens personnellement une autre dimension de ce travail.

Cette expérience démontre qu’au Rotary, il est possible de conduire des changements importants lorsque nous acceptons trois principes simples : écouter, expliquer et rechercher le consensus dans le respect de nos valeurs rotariennes.

Le consensus ne signifie pas que chacun obtient exactement ce qu’il souhaitait au départ.

Il signifie que chacun accepte de regarder au-delà de sa propre situation pour rechercher ce qui est préférable pour l’ensemble de l’organisation.

L’unanimité obtenue lors des deux votes intermédiaires du Conseil d’administration constitue, à mes yeux, une illustration particulièrement forte de cet état d’esprit.

Anticiper le Rotary de demain

Redessiner une carte est relativement simple.

Préparer une organisation internationale au monde de demain est beaucoup plus complexe.

Le véritable enjeu du redécoupage des zones est là.

Le Rotary International doit être capable d’évoluer avec son époque, avec sa démographie, avec la croissance de certaines régions du monde et les difficultés rencontrées par d’autres.

Une organisation qui refuse d’adapter ses structures finit inévitablement par voir se créer un écart entre son fonctionnement et la réalité.

Notre responsabilité est précisément d’éviter cet écart.

Le redécoupage des zones réalisé durant l’année 2025-2026 constitue donc une étape. Il ne représente pas une fin en soi.

Il traduit une volonté : faire évoluer nos structures pour qu’elles continuent à servir notre mission.

Concrètement, le redécoupage a fait apparaître une diminution de nos effectifs en Europe et aux USA, un renforcement significatif en Afrique et en Inde qui augure d’un changement encore plus rapide et fort lors du prochain découpage.

Notons que pour la zone 14 France, Andorre, Monaco  et Belgique, Luxembourg, il n’y aura pas  de changement cette fois-ci de même pour la zone 15 Italie, Malte et San Marin

Le redécoupage final se retrouve en cliquant sur le lien suivant :

https://my.rotary.org/fr/my-rotary/rotary-international-zones

Enfin, au bout du compte, les zones, les districts, les structures régionales et le Conseil d’administration ne sont que des moyens.

L’essentiel reste ailleurs : dans nos clubs, dans l’engagement de nos membres et dans les communautés que nous servons.

Et c’est précisément pour leur permettre de continuer à agir efficacement que notre organisation doit, elle aussi, avoir le courage d’évoluer.