Serge GOUTEYRON, Directeur 2004-06 du Rotary International


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Le Rotary en France
Par Marcel Stéfanski
Past District Gouverneur 1670

Chapitre qu'il n'est pas aisé de rédiger sans tomber dans les travers du chauvinisme. Nous aborderons donc plusieurs parties.

  • du Rotary France et du français : le mot français devant bien entendu être compris comme "langue française". Si la France, géographiquement, est relativement un pays moyen par rapport à d'autres "nations continents" elle est considérée dans le concert des nations comme une des 5 grandes puissances. Mettant à l'écart l'énumération des raisons qui lui valent cette qualité nous ne retiendrons que la langue : c'est à dire le français. Selon les statistiques du 16 mars 2004 du Ministère des affaires étrangères à Paris dans la rubrique "le français dans le monde" on compte aujourd'hui un peu plus de 169 millions de francophones à travers le monde, soit 3.2% de la population mondiale; l'Europe regroupe 44%de la population francophone, l'Afrique 46.3%, l'Amérique 7.6%, l'Asie 1.8%, l'Océanie 0.3%. Le nombre de pays ayant le français en partage lors de la conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation Internationale de la Francophonie était de 49. La Francophonie est la communauté linguistique qui se définit comme un espace solidaire de la diffusion de la langue

  • Mais quel est le rapport entre cette particularité française et le Rotary ?

Tout d'abord l'anglais, langue officielle du Rotary est traduit dans plusieurs documents officiels du Rotary International en français : par exemple le Manuel de procédure. Les représentants des districts lors des Conseils de Législation peuvent présenter des amendements ou résolutions en français. Voilà pour certains aspects juridiques.

Dans le domaine des publications officielles qui sont en anglais 8 publications concernant les effectifs et 6 sur les programmes du R.I. sont en français.

Sur le plan culturel rotarien, nous avons une merveilleuse revue française "le Rotarien" en faveur de laquelle se dévouent de nombreux administrateurs et notre "rédacteur en chef national" Christophe Courjon, avec un  site francophone internet grâce à la constance de Paul Lugand, Guy Madelpuech et Alain Marulier.

 

La naissance et l'évolution du Rotary en France

  • 1921 date de naissance à 1939

de 1905 à 1921 : lorsque Paul Harris crée le premier club le 23 février 1905, il est loin de se douter que dès 1908 le petit cercle qu'il avait porté sur les fonds baptismaux essaimera  rapidement d'abord aux Etats Unis où sont crés avec l'aide de Manuel Munoz et Hosser Wood le club de San Francisco ; en 1909 : les clubs d'Oakland, Seattle, Los Angeles ; en 1910 :  on compte 1800 rotariens et 16 clubs.

Mais c'est en 1911 que le Rotary franchit l'Atlantique pour conquérir l'Angleterre, l'Irlande, l'Ecosse.

Grâce aux efforts de pionniers du mouvement : en 1912 il y a 50 clubs et 5000 membres. En 1920 le club de Tokyo est fondé et date importante pour nous , européens continentaux, celui de Madrid.

Le 4 juillet 1921 en présence du Président International Crawford C Mc Cullough était créé officiellement le RC de Paris dont Gabriel Gorce Toulousain d'origine fut élu président. Le club comptait 16 membres et organisa à cette occasion des festivités somptueuses.

Sans vouloir entrer dans le débat d'antériorité quant à la date d'admission au Rotary International par rapport à la date de remise de charte on peut considérer que le club de Paris a parrainé en 1923 deux nouveaux clubs : Toulouse et Lyon (Lyon reçut sa charte au mois d'avril, Toulouse en juin mais la charte de Toulouse porte le N° 1495, celle de Lyon le N°1536 !

A partir de 1951, le RI supprima le numérotage des chartes ! (les membres fondateurs étaient au nombre de 21 à Toulouse et 40 à Lyon).

En 1924, naît un quatrième club : celui de Nice avec 20 adhérents.

Autre évènement historique : en 1925 alors que le 5e club n'est pas encore admis le 49ème district , district français voit le jour et restera en l'état jusqu'en 1936. Le premier gouverneur du district 49 devait être le parisien Marcel Franck qui était fabricant de vaporisateurs.

Puis sont admis Angers en octobre 1925, Marseille en 1926.

C'est en 1927 que plusieurs clubs se créent : St Etienne, Nantes, Lille, Cannes, Bordeaux, Perpignan, Dijon, St Raphaël et Grenoble.

En 1928 s'ajoutent 5 clubs , huit en 1929 et huit en 1930 dont les trois premiers clubs d'Afrique du Nord : Casablanca, Alger, Oran.

Jusqu'en fin 1939, soixante sept clubs furent encore fondés. Puis ce fut la guerre de 1939-45.

Il est impossible de citer dans le détail tout ce qui concerne la vie de ces clubs mais on peut retenir ce qui dans la postérité fera couler beaucoup d'encre :

la première concerne lors de la création des clubs les recommandations faites en septembre 1925 lors de la convention de Cleveland par Ed Kelsey : chaque club doit être composé de 15 membres au moins et 25 au plus....

La seconde est cette belle définition décrivant la roue rotarienne que dans les années 20 nous propose Edouard Peguilhan du club de Nice, toute en rondeur philosophique et pour qui "le cercle est une unité substantielle curviligne, il est tracé par une ligne unique qui n'a ni commencement, ni fin. Il présente donc le double caractère de l'unité et de l'infinité Il symbolise la substance primordiale universelle et nécessairement une, de laquelle toutes choses sont tirées !".

En complément de ce survol chronologique dans l'évolution de l'expansion des clubs, il convient de mentionner plusieurs évènements :

alors que jusqu'en 1936 il n'existe qu'un district : le numéro 49 avec 2500 rotariens et 72 clubs - dont 6 en Afrique du Nord - le Rotary International procède à un redécoupage en 3 districts :

  • le numéro 49 comprend le Nord de la France jusqu'à la Loire

  • le numéro 47 : le sud ouest

  • le numéro 48 : le sud est avec la Corse, Monaco, l'Algérie, la Tunisie, le Maroc et Tanger.

Et en 1937 naît le comité consultatif des gouverneurs français, en 1982  arrivera le Codifam (comité consultatif des districts de France Monaco)

Le terrain était préparé à ce qui allait être des grands évènements pour la France :

  • la tenue à Nice de la 4ème convention internationale tenue en dehors du continent américain. la convention internationale de Nice  à laquelle 5790 rotariens participent.


Vue de la salle du Casino municipal de Nice, lieu où
se déroulèrent les séances plénières

  • La convention fut inaugurée par le Président de la République Albert Lebrun accompagné de quatre ministres en présence de Paul Harris.


Sortant d'une rencontre avec Albert Lebrun, Président de la
République Française
, de gauche à droite : Louis Moinault, Président
du Rotary Club de Paris, Paul Harris, Fondateur du Rotary,
Will R. Manier, Jr
., President du Rotary International 1936-37,
Ulysse Fabre, Ancien Gouverneur du district 91
et Maurice Duperrey, Président-élu du Rotary International 1937-38.

C'est au cours de cette convention que Maurice Duperrey fut élu Président du Rotary International , responsabilité qu'il exerça en 1937-1938.


Maurice Dyperrey

L'année qui précéda la déclaration de la seconde guerre mondiale ne vit qu'une croissance ralentie des clubs et lorsque commencent les hostilités avec nos voisins allemands la France compte 41 900 000 habitants, 3 districts rotariens, 100 clubs et 3 679 rotariens environ.

  • Le Rotary en France de 1939 à 1945 (de l'année de la déclaration à la fin de la guerre)

A l'exemple de l'Allemagne nazie et de tous les pays soumis à la domination hitlérienne, le Rotary fut interdit sur tout le territoire français par le gouvernement de Vichy. Les raisons en ont été mal élucidées et en tous cas complexes : bien souvent le Rotary était considéré par l'occupant et le gouvernement de l'époque comme une société secrète, filiale de la franc maçonnerie, d'origine anglo saxonne, à caractère internationaliste.

Le Président Maurice Duperrey estimait que "beaucoup de rotariens pris dans la débacle étaient prisonniers de guerre . D'autres, contraints à la fuite ou à l'exil s'étaient réfugiés en Angleterre, aux Etats Unis ou dans les pays neutres".

Les plus combatifs avaient rejoint les forces françaises libres ou commençaient sur notre territoire même, bravant les dangers qui n'étaient que trop réels, une résistance active.

D'autres enfin dans l'attente d'une victoire dont ils ne désespèrent jamais déterminés à maintenir leur action féconde continuaient dans la clandestinité à garder des contacts rotariens.

Persécutions, arrestations, détentions, déportations, exécutions, l'horrible gamme des tortures, des supplices décimait les camarades rotariens français. Etapes meurtrières d'un calvaire que les clubs français ont dû gravir silencieusement pendant ces six années interminables d'angoisse de l'occupation.

Certains ont pu sans trahir pour autant se tromper au regard de l'Histoire. D'ailleurs la nature n'enfante pas que des héros et comme le dit le philosophe Edgar Morin "l'erreur serait de juger les hommes d'une époque comme s'ils étaient informés de tout ce que nous avons appris depuis".

Toujours est-il que le gouvernement de l'époque dans le cadre de la Loi du 13 août 1940 interdit toute association tout groupement de fait dont l'activité s'exerce même partiellement   de façon clandestine ou secrète. Ce texte pourtant assez vague sera à la base des poursuites contre le Rotary mais par son imprécision voulue, il crée un amalgame qui permet l'extension de nombreuses poursuites  : la franc -maçonnerie est alors couverte de tous les péchés, de toutes les responsabilités de la défaite et elle est en outre assimilée au judaïsme et au capitalisme international.

L'Episcopat de l'époque condamne formellement le mouvement rotarien et place le RI au nombre des associations en dehors desquelles doivent se tenir les catholiques.

La situation des divers clubs a été bien différente suivant qu'ils étaient situés en zone dite "libre" ou en zone occupée, voire en zone "interdite" mais jusqu'en 1939 les actions des clubs français avaient une certaine spécificité : c'est la commission des oeuvres et d'action rotarienne d'intérêt public des districts français qui coordonnait ces actions : tous les clubs français participent à trois oeuvres nationales :

  • les bourses à l'Académie de droit international de La Haye
  • les prix médicaux
  • la bourse pour l'étude de langues.

En 1939, deux clubs réalisent des oeuvres locales spécifiquement rotariennes : ceux de Nice et de Vichy :

  • l'oeuvre de la mère abandonnée du club de Nice
  • la cure gratuite du club de Vichy  pour les enfants nécessiteux français et étrangers.

Il est enfin intéressent de noter ces données socio professionnelles qui montrent qu'en 39-40 par ordre décroissant viennent en tête pour :

  • 16.74% des rotariens issus de l'industrie
  • 14.73% santé et services sociaux
  • 13.85% activités agricoles et alimentaires
  • 9.13% justice
  • 6.81% finances
  • 5.43% transports
  • 5.18% énergie et eaux
  • 4.88% art et culture
  • 3.28% pouvoirs publics
  • 2.40% tourisme
  • 2.28% information.
Alors qu'il y avait 3675 rotariens en 1939, en 1947 nous pouvons en compte 3721.

Ainsi peu à peu le rotary se réimplanta dans notre pays. La parole est en effet restée à l'idéal rotarien sorti vainqueur de cette tourmente sans précédent dans l'Histoire car comme l'a  rappelé Bill Huntley "les rotariens sont les garants de la dignité et du respect de la personne, les défenseurs de la sagesse et de l'Humanité".

 

  • Le Rotary en France de 1945 à 2004

En 1944-45, les clubs français comme ceux des autres pays européens libérés commencent à se reconstituer , à  reprendre leurs activités et reprendre leur expansion.

C'est en 1947 que naît la revue francophone Le Rotarien dont Richard Levin sera rédacteur en chef jusqu'à sa mort en 1969.

C'est à cette époque que commence le rapprochement entre rotariens français et allemands à l'initiative de quelques gouverneurs : Roger Coutant et Jean Caroni membres du rotary club de Lille D.70 et Robert Hausmann de Stuttgart (D.74) contribuent à la création du Comité Interpays France Allemagne et organisent à Strasbourg la réunion des Comités interpays.

Nous recommandons pour les Comités interpays la rubrique spéciale qui  leur est consacrée sur le site rotary francophone : www.rotary-francophone.org avec une rubrique "les comités interpays français".

En 1951, à Lyon se réorganise le centre rotarien de le jeunesse interlocuteur français des programmes internationaux en faveur de la jeunesse.

En 1953, Paris est choisi comme siège de la 44ème convention du Rotary International.  Le Conseil de Législation se tient à la Maison de la Chimie avec 200 délégués. Le Président de la République Vincent Auriol reçoit à l'Elysée une délégation du Rotary.


Henri Brunier, Président du Rotary International 1952/53 est fait
Officier de la légion d'honneur par Vincent Auriol,
Président de la République Française.

En 1967, Nice reçoit la 3ème Convention en France.

En 1995 sous la présidence de Bill Huntley la troisième convention internationale organisée à Nice revêtit un éclat particulier et la présence de 35 000 rotariens ! Le bonis de la convention soit environ 100 000 euros est presque intégralement versé à la Fondation Rotary.

En dehors de ces grandes manifestations, le Rotary français  s'est impliqué dans plusieurs actions particulières : un prix de la paix, le prix service national, du travail manuel, le prix littéraire du Rotary d'expression française.

Les actions inter districts voient le jour : entraide médicale internationale, ophtalmo sans frontière, action internationale pour le développement par l'eau, association rotarienne de collecte humanitaire ...

Les initiatives des clubs rotariens français ne se limitent pas à une aide financière apportée à des structures nationales, les clubs les districts entreprennent des milliers d'action d'intérêt public l'esprit de service des rotariens français s'exerce tous azimuts.

Comme dans le domaine religieux la France a été considérée pour les souverains pontifes à Rome comme la "fille aînée de l'Eglise" sans volonté de privilège ou de préséance au rotary, les rotariens français et le Rotary France mettent au service du Rotary international les forces vives de l'idéal rotarien face à l'ampleur des besoins des démunis dans le monde

En 1991 dans un souci de maximum d'efficacité le rotary a procédé à un renumérotage des districts qui sont à ce jour au nombre de 18 dans  cette zone 11 avec 987 clubs 33 939 rotariens auxquels nous pouvons ajouter la zone 12 dont le Directeur Serge GOUTEYRON a également la responsabilité soit 680 clubs 39 302 rotariens d'Italie, Malte, Marino, Yougoslavie, Albanie; soit pour les 2 zones, 73 241 rotariens unis pour SERVIR !

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