|
Serge
GOUTEYRON, Directeur
2004-06 du Rotary International
|
||||
|
|
||||
|
Deux années, bien remplies au Conseil Central, me permettent aujourd’hui de partager avec vous quelques réflexions sur 2 des thèmes les plus forts du plan stratégique.
Car, avant même l’action et au-delà de la vie du club, nous sommes reliés par une pensée, une culture, une vision sur le devenir de l’homme et de la société : notre philosophie. Ce mot ne doit pas faire peur. Paul Harris estimait dès 1915 que « le Rotary est l’ébauche d’une philosophie mondiale de la vie et du travail pour atteindre le bonheur ».
Alors ce bonheur qu’évoque Paul Harris, c’est simplement la conscience d’être une force en marche pour apporter un peu d’espérance, avec le bonheur d’aider autrui. Et, si nous sommes fiers d’appartenir à la plus grande organisation de service privée, n’oublions pas que nous sommes proches - et pour cause puisque nous ne sommes pas étrangers à sa création - d’une autre grande organisation intergouvernementale celle là : je veux parler de l’Unesco. Rotary et Unesco ont plusieurs objectifs identiques :
Comment mettre en valeur cette identité ? D’abord en montrant beaucoup plus la richesse de notre diversité dans nos programmes officiels ou libres, à travers la presse rotarienne et sur le site Web. Et puis le temps est maintenant venu de reprendre l’initiative sur nos thèmes les plus fondamentaux : En premier lieu sur la déontologie professionnelle. Face aux manquements, à la malhonnêteté que nous observons, face à la corruption et face aux perspectives économiques des nations guidées par l’esprit de compétition, notre déclaration des rotariens en affaires, déjà vieille de 17 ans, pourrait heureusement être complétée par une charte éthique. Notre contribution pour la paix est bien moins nette aujourd’hui qu’il y a 50 ans même, si la création des 7 centres d’études internationales pour la paix et la résolution des conflits et celui, à durée courte, de Bangkok ont été une immense innovation. Car là, où nous sommes le plus faible, ce sont dans les relations internationales et directes des rotariens entre eux. Nous avons pourtant là, une capacité énorme qui sommeille. Si nous n’avons pas le pouvoir magique de créer un monde nouveau, nous sommes par contre dans la situation de créer une réaction en chaîne pour faire prendre conscience et agir. Autre domaine : le leadership Bien que nous soyons naturellement leader dans notre profession, le Rotary International en tant que tel est plutôt peu reconnu dans la société civile, sauf pour ce qui est de notre combat pour éradiquer la polio encore que les médias en général, minimisent notre action accordant à l’Oms et à l’Unicef tout le bénéfice des résultats obtenus depuis 20 ans. C’est au travers de la jeunesse que ce rôle peut être redécouvert et pour cela nous devons non seulement renforcer les multiples programmes de bourses, d’échanges, de Rylas, mais réfléchir à un grand programme mondial, facilement accessible, en faveur des jeunes générations. Les rotariens assistent avec satisfaction, et ce, depuis quelques temps, au recentrage des sujets prioritaires du Président autour des objectifs du millénaire des Nations Unies : Que ce soit pour la question de l’eau (conflits potentiels - partage - assainissement - eau douce), de la santé (paludisme - sida -cancer - cécité), de la faim (culture intensive - répartition des surplus) ou de la lutte contre l’illettrisme avec l’enjeu que représente l’éducation des filles dans les pays en voie de développement. Il ne manque que l’environnement (protection de la planète - développement durable). Comment être crédible et efficace à travers nos actions ? Je crois que les clubs sont prêts à s’engager dans l’une au moins de ces actions, chaque année dans le cadre d’AIPM, soutenus par les experts des task forces présidentielles.
Nous voilà en plein dans la gouvernance, c'est-à-dire la coordination des moyens disponibles ou à créer pour atteindre nos objectifs fixés par les adhérents de l’Institution. Pointons le doigt sur notre problème de gouvernance N°1 :
Nous devons faire quelque chose pour que notre organisation si belle et si ancienne soit-elle, puisse donner toute la mesure d’elle-même. Nous devons enclencher la dynamique interne qui marquera notre 2ème siècle de service. Quelques suggestions de réflexions :
En fait, il manque dans notre organigramme, un lien physique, rassembleur entre les rotariens et le siège. L’interface des échanges entre le personnel et les rotariens reviendra assez naturellement aux Administrateurs. Il suffit de les doter d’un pool d’assistance à Evanston. Compréhension et confiance seraient renforcées. Un mot sur le Président du Rotary International. Malgré l’extraordinaire force de frappe de toutes les nominations, il est un peu isolé. Il parcourt le monde et les relais font défaut. Son cabinet devrait être étoffé au minimum par un chargé de communication. Toutefois, c’est d’abord et surtout par une nouvelle conception de la formation - faite d’expériences et d’accomplissement - que s’instaurera la dynamique espérée entre la base et le sommet. Avec les 3 acteurs privilégiés : les gouverneurs élus , les présidents élus de clubs et les nouveaux rotariens - auxquels nous devons donner une connaissance complète du Rotary. Ce sont les plus réceptifs car ceux qui attendent le plus du Rotary. Ce sont nos forces vives et comme nous savons que sur 10 ans, 60% de nos membres se renouvellent, ce sera le minimum de temps nécessaire pour obtenir les premiers résultats. Mais il y a bien d’autres intéressantes et déterminantes questions de gouvernance comme :
Pour conclure ces propos, disons que la bonne gouvernance est celle d’une stratégie offensive de mise en valeur de notre identité de rotarien au service du devenir de l’homme et de la société.
Serge Gouteyron Institute Hambourg |
||||
|
||||