Serge GOUTEYRON, Directeur 2004-06 du Rotary International


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Le Rotary et l'eau

Discours prononcé au Symposium International de l’eau à Cannes le 27 juin 2006

Pourquoi les rotariens sont-ils autant préoccupés par la question de l’eau ?

Certes, elle est par nature, souriante, purificatrice, symbolique. Elle dessine dans l’imaginaire collectif l’espoir d’une vie nouvelle. C’est déjà une bonne raison pour que l’eau nous attire et quelquefois nous subjugue.

Mais pour les 1 200 000 rotariens et leurs 32 000 clubs dans 170 pays, l’eau c’est d’abord un combat, le combat que les rotariens mènent  pour alléger les souffrances et donner l’espérance.

Car comment être indifférent face au 1 milliard et 200 millions de personnes qui n’ont pas accès à de l’eau potable.
Beaucoup de nos clubs plus d’un tiers l’an dernier ont investi avec leur mains, leur cœur et leur argent plus de  4 millions de dollars pour creuser des puits, créer des systèmes de distribution, d’assainissement, purifier, rendre propre à la consommation.

Des réalisations simples locales qui bénéficient directement à la population.

Nous avons plusieurs exemples à donner partout dans le monde :

  1. aux Philippines, 2 systèmes de distribution d’eau ont été mis en place offrant un accès à l’eau à plus de 400 foyers,
  2. En Amérique centrale, ce sont des systèmes complets de traitement solaire,
  3. En Niger 60 000 USD ont permis d’amener l’eau dans 29 villages,
  4. Et cette magnifique opération de reboisement du Sahel avec l’objectif d’un million d’arbres avec un procédé nouveau d’irrigation qui nécessite peu d’eau.
  5. Et comme nous sommes en France, soulignons l’action en ce domaine « d’eau sans frontières » animée par des rotariens.

Notre Président Carl Wilhelm Stenhammar vous a cité beaucoup d’actions mardi.

Sans doute l’ignorez-vous mais l’adhésion au Rotary International est d’abord une adhésion à la compréhension mondiale , à l’entente et à la paix.

Nous avons des sources illustres :

  1. L’Unesco dont par ailleurs nous partageons 2 objectifs majeurs pour le devenir de l’homme, l’éducation et l’eau, et même un 3ème avec l’éthique.
  2. Savez-vous que c’est une conférence à Londres, en 1943, à l’initiative des rotariens qui a décidé de sa création.

Il est bien vrai que nous sommes, l’Unesco comme organisation intergouvernementale, et le Rotary comme organisation internationale privée de service, des partenaires naturels du développement de la société pour l’éducation et la culture.

Autre source : la charte des Nations Unies sans doute le 2ème texte le plus important au monde avec la déclaration des droits de l’homme et bien, pour cette charte 50 rotariens ont participé à sa rédaction dont 10 étaient membres de la délégation des Etats-Unis.

Alors si je vous dis que le Rotary International agit comme une Onu du Service, titre donnée par La Voix du Nord ou une mini Nations Unies titre donné par le Herald Tribune,  dans les domaines fixés par les objectifs du millénaire sur la santé la faim, la pauvreté, l’éducation et l’eau.

  1. Alors que 9 pays possèdent à eux seuls 60% des ressources d’eau douce de la planète
  2. Qu’il est identifié nombre de lieux où plusieurs pays se partagent les mêmes nappes ou fleuves comme en Egypte, au Soudan, en Ethiopie, en Indes et au Bangladesh - au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, en Hongrie et en Tchéquie, en Libye ou en Turquie, au Laos, au Cambodge, en Thaïlande.
  3. Que nous savons qu’il faut parfois aller au puits ou au camion citerne avec une arme.
  4. Les installations hydrauliques sont devenues un enjeu stratégique au même titre que le pétrole ou le nucléaire.

Et  l’Unesco avec son Institut de l’eau à Delf possède l’outil idoine puisque les étudiants du monde entier qui y sont formés retournent ensuite dans leurs pays et y travaillent à l’amélioration des ressources en eau.

D’ailleurs pour bien illustrer ce que je viens de vous dire, il s’est tenue le 12 mai une conférence conjointe Rotary/Unesco au siège de l’Unesco à Paris dont le thème était justement «  agir pour l’eau » avec la participation de M. Andreas Szollosi  Nagy et M. Richard Meganck. Ceci après une rencontre avec M.  Koïchiro Matsuura, le directeur général de l’Unesco.


Le soutien aux étudiants de l’Institute de Delf est une de nos voies d’actions. Car c’est vraiment investir dans du concret et surtout dans un futur meilleur.

Et bien nous rotariens, nous avons nos centres d’études internationales pour la paix et la résolution des conflits : 6 centres  1 en Europe, 2 aux USA, 1 en Amérique du Sud,  1 au Japon 1 en Australie ; c’est notre action concrète aujourd’hui pour la paix de former de futurs diplomates qui travailleront à l’Unesco, à l’Onu, à l’Ocde, à l’Oua et dans les grands organisations humanitaires et éducatives.

Pour bâtir la paix nous avons aussi les comités interpays , une relation directe  entre rotariens de 2 pays.

Le premier comité a été constitué en 1950,, entre l’Allemagne et la France, pour restaurer les relations après 2 guerres.

Nous avons aussi les échanges de lycéens pour une année d’études et 7000 étudiants chaque année dont 350 pour la France font l’objet de ces séjours dont ils gardent un souvenir exceptionnel.

La paix se construit par la jeunesse et pour la jeunesse et le Rotary y est très attentif. Nous avons également un programme spécifique pour la jeunesse : le Rotaract  et l’interact qui regroupent 350 000 jeunes dans le monde.

 L’une des raisons essentielles pour lesquelles les rotariens peuvent jouer un rôle c’est que par nature ce sont des leaders dans leur profession - par  leur classification professionnelle - et que naturellement leur engagement dans la société civile se traduit par l’exercice d’un certain leadership.

Vous pouvez donc compter sur eux et sur leurs clubs pour prendre leur part dans les enjeux de l’eau et de la paix.

  1. Par leur présence 32 000 clubs dans le monde et leurs rotariens dans leurs pays sont à même d’identifier les besoins.
  2. De par leur leadership naturel, ils sont en mesure de faire comprendre et d’adapter leurs projets.
  3. Ils sont capable de bâtir leurs actions avec l’appui d’autres organisations privées ou des organisations internationales car ils trouvent les bons interlocuteurs.
  4. Ils sont susceptibles d’en assurer la mise en œuvre.

Et tout cela avec un coût réduit pour ne pas dire nul sans charges annexes car nous sommes dans le bénévolat total.

Et par là, avec l’éducation et la lutte contre l’illettrisme et l’alphabétisation, la lutte contre  la faim et la pauvreté ; tous les problèmes de santé, ils sont en mesure un peu comme l’avait dit si justement le Docteur Albert Schweitzer lorsqu’il est devenu membre du club de Colmar :
« Nous sommes là pour sauver le monde du désastre, pour apporter plus d’épanouissement à la spiritualité et aux idéaux humains. Je suis donc des vôtres car je crois au but magnifique que vous vous êtes fixés. »

Mesdames et Messieurs notre tâche est immense et partagées ; Peut être pas assez visible car parcellisée parce que chaque club garde son autonomie de gestion et s’engage dans les priorités à lui qui lui semblent nécessaires à sa collectivité mais en même temps une vision mondiale des besoins de la planète leur fait prendre conscience et agir sur le plan international en apportant sa contribution à l’équité et à la tolérance.

L’un des grands programmes proposés par un président du Rotary international brésilien était « sauvegarder la planète terre ». Cette idée de préserver les ressources, de préserver l’environnement est une de nos préoccupations majeures.

Car nous jetons des ponts en toute indépendance d’esprit religieux, et politique, nous voulons témoigner de la philosophie de la vie et du travail qui a inspiré notre fondateur Paul Harris est là pour aider l’humanité à atteindre le bonheur.

Permettez-moi de rappeler pour conclure que lorsque les rotariens se sont lancés en 1987 dans le combat pour l’éradication de la poliomyélite - avec l’OMS et l’UNICEF -  le virus faisant 1000 victimes par jour.
Aujourd’hui, nous sommes pratiquement au terme de ce combat puisqu’il ne reste que 4 pays endémiques.

L’eau non potable tue 6000 personnes par jour peut être 10 000 et parmi ces morts beaucoup, beaucoup d’enfants.

Alors pouvons-nous relever ce défi et dire qu’en 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable sera divisé par 2 comme le nombre de ses morts anonymes ?

Serge Gouteyron
Vice Président RI 2005-2006

 

 


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